Provocation, récupération politique...les facettes diverses et variées de la manifestation du 1er mai

A quelques jours du meeting européen des partis d'extrême droite prévu à l'occasion de la Fête du 1er mai, Christian Estrosi a déclenché la contre-offensive : une tribune dans le quotidien "Le Monde" , co-signée par un certain nombre de personnalités politiques et publiques ( en nombre de 370) , qui dénonce le caractère provocateur de cette manifestation et attaque de manière frontale Marine Le Pen, Si celle-ci n'est pas formellement l'organisatrice , c'est le groupe parlementaire européen qui réunit les 36 députés de cette mouvance idéologique qui est le titulaire de l'initiative, en est certainement l'inspiratrice. L'acte d'accusation , c'est bien de cela que cette tribune a toutes les caractéristiques, est avant tout politique et vise à positionner son auteur comme le héraut de la " vraie" démocratie : « Leur 1er mai sera un rassemblement de haine et d'exclusion visant à instrumentaliser cette fête en une action de propagande partisane extrémiste, ce qui constitue en soi une provocation que nous condamnons », ajoute le texte initié par M. Estrosi,

Les frontistes , par la voix du secrétaire départemental Lionel Tivoli , ont déjà répondu sèchement : " Marine est chez-elle ici ", en faisant référence aux résultats électoraux de leur Présidente et députée européenne.

D’ailleurs comment et pourquoi empêcher à des représentants de partis élus et siègent dans les parlements nationaux ( parfois participant au gouvernement) et au parlement européen , de se réunir librement ? Pour mémoire, ce n’est pas la première fois que Marine Le Pen vient en meeting à Nice et sa région et jusqu’à ce jour , tout c’est bien passé.

En fait, cette réaction n’est-elle disproportionnée et sert la cause du FN qui veut transformer ce meeting en une sorte d’acte fondateur du parti transnational anti-Europe , en lui donnant une notoriété excessive et bien au delà de ce quelle mérite ?

Au moins que ...le Maire de Nice, politicien avisé, en fasse une récupération politique dans l’optique des municipales de 2020 .

Un passage du texte indique cette piste : « si la présidente du Front national a choisi de venir à Nice (...) c’est aussi sans doute parce qu’elle espère y trouver de nouveaux alliés prêts à succomber à ses appels ».

Comme on dit dans ces cas : pas de noms , mais suivez mon regard !

Certaines réactions d’élus locaux et dirigeants politiques ne sont pas totalement en phase avec le Maire de Nice et dénoncent le caractère spéculatif de cette tribune qui ont décidé de ne pas signer.

Patrick Mottard et Dominique Boy-Mottard ( Parti Radical) : "Le maire de Nice est tout à fait légitime, comme premier magistrat de la ville martyre. Le texte qu’il a publié à cet effet allait dans le bon sens, celui de la défense républicaine, et nous étions prêts à le signer. Malheureusement, sa conclusion s’apparente à un passage en force politicien qui anticipe sur de futures échéances électorales qui n’ont rien à voir avec le sujet grave du jour. Aussi ne l’avons-nous pas signé".

La même conclusion , même si d’un teneur différent , vient des conseillers socialistes Patrick Allemand, Paul Cuturello et Christine Dorejo : " Cet enthousiasme subit par rapport à cet événement du 1er mai qui se profile au sein de notre
ville que nous aimons tous, est très attachant de votre part mais il renvoie à des calculs électoraux détestables et à des stratégies locales bien lues depuis un moment.
Pour ce qui nous concerne, nous avons toujours été clairs et nous n’avons jamais fui nos responsabilités face à l’extrême droite lorsqu’il y avait péril. Mais cela n’empêche pas toute lucidité.
Pour notre part, nous participerons au grand rassemblement contre l’extrême droite qui se déroulera Place Garibaldi, à l’issue du traditionnel défilé du 1er mai".

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