Rentrée politique en fanfare de Christian Estrosi : "l’estrosie" était au complet à son Festin Nissart

Avec 6000 personnes environ - chiffre communiqué par les organisateurs- et une centaine de maires et d’élus municipaux, départementaux, régionaux , plus la députée Marine Brenier et la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone, l’"estrosie" a bien réussi sa rentrée politique et fait preuve de démonstration de force .

Le bilan de 10 ans de maire de Nice a été absorbé par les éloges excessifs ["tanto nomini nullum par elogium"] , à tel point de perdre leur spontanéité et faire douter de leur sincérité , de Valérie Pécresse , Renaud Muselier et Arnaud Robinet dans leurs interventions.

Mais l’analyse de la soirée nous porte au dé là de ça : le rapprochement entre les mouvements internes critiques , voir dissidents de la ligne politique de LR prend consistance : la présence de Valérie Pécresse au séminaire de la France Audacieuse* en est un élément visible. Les paroles de la présidente régionale de l’Ile-de-France et du mouvement Libres en sont la confirmation : « En politique comme dans la vie on marche sur deux jambes ! #lafranceaudacieuse, c’est la jambe de l’action, de l’expérience ! @SoyonsLibres, c’est la jambe des idées, qui a vocation à rédiger un programme présidentiel ! » .

Si on ajoute à ces deux groupes , d’autres administrateurs locaux de poids, tels Renaud Muselier en Région Sud-Paca, Jean Rottner, en Région Grand Est, Hervé Morin en Région Normandie et le soutien externe mais influent de Xavier Bertrand ( Région Haut-de-France), la tâche sur la mappe de LR commence à se faire consistante.

Cette galaxie - pour le moment il n’y a pas d’organisation structurée - est unie par un "idem sentire" et une complémentarité dans la réflexion et proposition. Est-il prévisible qu’on met sur pied une coordination opérationnelle , voir une fusion entre tous pour donner lieu à une opposition pragmatique , qui se propose en alternative à la majorité présidentielle actuelle par des propositions concrètes** et l’exemple de la bonne gestion des territoires ?

"Nous sommes la droite des territoires, des solutions, de gouvernement. Mais on ne peut gagner sans le centre, nous devons nous allier avec lui ! » affirme la France Audacieuse.

Se réclamer fidèle aux valeurs de la droite [ je suis un homme de droite et je le revendique] a été un des passages forts du discours de Christian Estrosi , une réponse indirecte à l’accusation de ces derniers jours de son rival local Eric Ciotti qui le définissait " le responsable officieux d’En Marche".

Où est-elle donc la vérité ? La réponse est simple : elle est partout et nulle part. De quelle droite on parle ?

Pour Christian Estrosi, c’est " l’idéal républicain, fait d’autorité et justice, d’indépendance et de lutte, de liberté et innovation, d’égalité et transformation , de progrès et d’action, de rassemblement" . En synthèse , de la liberté et de l’audace ,un des slogans qui caractérise le mouvement de la France Audacieuse.

Dans son intervention, le maire de Nice a évité toute référence aux attaques répétitifs d’Eric Ciotti dans la campagne électorale interne aux LR pour la place de président départemental.

On peut retrouver une pique dans ce passage : " Nous n’idolâtrons aucun chef, nous ne sommes pas les toutous de tout le monde".

Une allusion à la propension d’Eric Ciotti de se mettre au service du puissant du moment ? En fait, on en mémoire ses prises de position , suivant les convenances plus que les convictions , comme collaborateur ultra- zélé de Sarkozy, Fillon et maintenant Wauquiez dans les divers moment et circonstances de la vie politique de ces dernières années.

Sans se lancer dans le périlleux exercice du pronostiquer , on sort de la soirée avec une prévision : il n’y aura pas de compétition pour l’élection à la présidence départementale de LR , Christian Estrosi ne se portera pas candidat et laissera à Eric Ciotti cette coquille vide.

Sans confrontation, imaginez-vous quelle mobilisation de l’électorat du parti pourra-t-avoir lieu le week-end de 13 et 14 octobre ? Si Eric Ciotti cherchait une occasion pour défier Christian Estrosi et le battre dans les urnes, cette fois-ci s’est raté.

* co-dirigé par Christian Estrosi et Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse. Arnaud Robinet , maire de Reims, est le porte-parole.

** des propositions ont été présentées au cours des ateliers qui se sont tenus dans l’après-midi

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