Lancement de l’UDI : La dynamique du centre enfin en marche ?

La naissance de ce nouveau regroupement, pour le moment chaque parti adhérant gardant son autonomie, est la nouveauté du panorama politique français. Sera-t-il pour autant le premier parti français, comme le souhaite son fondateur Jean-Louis Borloo, ou plus simplement un fidèle allié de l'UMP, comme, tout à fait naturellement, l'espèrent les dirigeants de ce parti ? L'avenir le dira.

On suivra avec curiosité et intérêt son implantation à Nice et dans sa proche région qui s’annonce intéressante par rapport aux équilibres politiques du pouvoir en place mais, c’est à Paris, salle de la Mutualité, que l’UDI (Union des Démocrates et Indépendants) a été portée sur les fonts baptismaux ce 21 octobre 2012.

Certains esprits chagrins ne verront dans cet acte de naissance qu’un énième rebondissement dans les multiples tentatives de recréer en France une véritable force politique centriste. Il faut bien reconnaître que l’histoire du centre politique dans notre pays n’est pas un long fleuve tranquille.

En réalité, cette date représente le véritable acte fondateur d’un nouveau parti politique promu un avenir prometteur.

Le rassemblement de la Mutualité restera dans les mémoires centristes, par son nombre de participants (plus de 3000 personnes), par la présence et par les interventions de nombreuses personnalités.

C’est Hervé Morin président du Nouveau Centre qui a ouvert la journée non sans humour : « merci à toi Jean-Louis (Borloo) d’avoir remis les petites grenouilles centristes dans la même boîte ! ». Dans son intervention il a insisté sur l’importance de la création de l’UDI, « dernière chance de faire renaître une formation politique au centre et centre-droit ».

L’ombre bienveillante de l’UDF a incontestablement plané ce dimanche sur la Mutualité : projection dans la salle d’une intervention de Valéry Giscard d’Estaing, intervention de son fils Louis Giscard d’Estaing qui a rappelé à la tribune cette formule de Raymond Barre, « la France doit cesser de dépenser plus, de travailler moins et d’emprunter la différence » et la présence au premier rang de Simone Veil. Toutes les figures historiques de l’âge d’or du centrisme étaient présentes pour rappeler l’histoire de cette famille politique et ses apports dans la société française (IVG, contraception, droit de vote à 18 ans, indépendance de l’audiovisuel …)

De très nombreuses personnalités issues de l’UMP ou du MoDem ont également apporté leur soutien à la création de l’UDI : Jean-Marie Cavada, Jean Arthuis, Maurice Leroy, Thierry Breton, Hervé de Charette, Jean-Christophe Lagarde, Olivier Henno, Jean-Marie Bockel, Valérie Létard, Jean-Marie Vanlerenberghe, Anne Sattonnet, Arlette Fructus, Alain Dolium, Michel Barnier, Rama Yade, Chantal Jouanno …

L’ambition de l’Union des Démocrates Indépendants a été clairement affichée par Jean-Louis Borloo, « faire de cette formation politique le premier parti de France ». Cette « UDF du XXIe siècle » regroupe le Parti Radical présidé par Jean-Louis Borloo, le Nouveau Centre (Hervé Morin), l’Alliance Centriste (Jean Arthuis), la Gauche Moderne (Jean-Marie Bockel), Force Européenne Démocrate (Jean-Christophe Lagarde), Territoires en mouvement (Jean-Christophe Fromentin) et le Centre National des Indépendants et Paysans (Gilles Bourbouleix).

Au Parlement l’UDI regroupe déjà 30 députés et 32 sénateurs qui constituent des groupes autonomes à l’Assemblée nationale et au Sénat.

L’UDI a le mérite d’afficher clairement son positionnement sur l’échiquier politique. L’indépendance ne doit pas être confondue avec l’isolement. La bipolarisation ne doit pas être confondue avec le bipartisme. Comme dans tous les grands pays démocratiques il existe deux grands courants de pensée politique, symbolisés par les termes de « gauche » et de « droite ». Mais cette bipolarisation naturelle ne doit pas conduire à l’existence unique de deux grands partis politiques. L’union des Démocrates et Indépendants représente une formation indépendante qui s’inscrit dans une coalition claire avec la droite républicaine.

L’UDI porte les valeurs défendues depuis des années par le centre et le radicalisme. Au premier rang de ces valeurs on retrouve naturellement l’humanisme, le fédéralisme européen, l’indépendance, l’écologie responsable, le respect de l’autre, l’écoute, le dialogue et la tolérance, la responsabilité individuelle, le mérite et la lutte contre « les lignes Maginot dans la société et les territoires ».

Sur le plan programmatique les priorités qui se dégagent sont : la refonte d’une Europe plus intégrée, un allégement massif des charges sociales des entreprises, un État plus économe, une réelle maîtrise des comptes publics une décentralisation maîtrisée, une révolution éducative favorisant l’apprentissage et l’alternance, la défense d’une écologie responsable porteuse d’emplois durables …

Les interventions lors du lancement de l’UDI ont naturellement porté sur toutes ces thématiques. Quelques-unes ont été particulièrement mises en exergue :

L’Europe. Quelle autre formation politique, de droite comme de gauche, peut prétendre à une telle homogénéité sur ce sujet d’une importance considérable ? Au moment où l’Europe est honorée par le prix Nobel de la paix comment ne pas se remémorer le chemin parcouru dans cette union de peuples qui par le passé ont vécu tant de drames. Je citerai une formule reprise par Michel Barnier, « les peuples qui ne connaissent pas leur histoire s’exposent à la revivre ».

La compétitivité. Thierry Breton dans son intervention a appelé à faire le bilan des causes de perte de compétitivité ces dernières années : instabilité fiscale, ponction fiscale des entreprises et des ménages, absence de maîtrise de la dépense publique …

Écologie. Chantal Jouanno dont l’arrivée surprise a été saluée par une véritable ovation a fait un brillant plaidoyer en faveur de la politique des idées, des idées libres. Elle défend inlassablement une écologie contemporaine, une écologie de croissance, une écologie qui n’est pas un luxe qui peut attendre.

La conclusion du lancement de l’UDI est bien évidemment revenue à Jean-Louis Borloo qui a fait un lapsus chaleureusement applaudi par une salle debout : « vous m’avez demandé de bâtir ce pays …, Je veux dire de bâtir ce parti ! » avant de déclarer « l’UDI est née, c’est une bonne nouvelle pour tous ceux qui veulent une France ouverte sur l’Europe, le monde, pour les libertés et l’humanisme ».

HC

Crédit photo : http://www.parti-udi.fr

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