Patrick Mottard : Deux questions à Nicolas Sarkozy

La campagne présidentielle, si importante sous la Ve République sera, on peut l'espérer – au delà des petites phrases sur les réseaux sociaux – le temps du débat, des vraies questions appelant des vraies réponses.

Dans ce contexte, François Hollande, s’il est candidat, ne sera pas ménagé en tant que sortant et c’est tout à fait normal. Pour ma part, j’ai commencé à me livrer à cet exercice salutaire .

Nicolas Sarkozy sera dans la même situation. Il ne pourra pas se dispenser de répondre aux questions qu’on lui posera immanquablement sur sa pratique du pouvoir et ses politiques de 2007 à 2012. C’est dans cet esprit que je pose aujourd’hui deux questions :

1re question : POURQUOI AVOIR DIMINUÉ LES EFFECTIFS DE LA POLICE ET DE LA GENDARMERIE D’AU MOINS 9000 UNITÉS ENTRE 2007 ET 2012 ?

Pourtant, après l’attentat de New York, celui de Madrid en 2004 avec ses 200 morts avait montré la dangerosité du terrorisme islamique. Cela sera tragiquement confirmé par l’affaire Merah. Diminuer les effectifs dans ce contexte par idéologie (moins de fonctionnaires) n’était pas très responsable d’autant plus que former de nouveaux policiers demande du temps. Le candidat serait plus crédible dans ses nouvelles propositions en reconnaissant son erreur.

2e question : POURQUOI AVOIR SIGNÉ LES ACCORDS DU TOUQUET EN 2003 COMME MINISTRE DE L’INTÉRIEUR ALORS QUE NOUS ÉTIONS DÉJÀ EN PLEINE CRISE MIGRATOIRE ?

Ces accords, qui permettent aux douaniers anglais d’exercer leurs contrôles sur le territoire français (l’inverse est aussi vrai mais vous connaissez beaucoup de migrants qui vont d’Angleterre en France ?), sont outrageusement favorables à la perfide Albion. Quelle naïveté de la part du négociateur ! Là aussi, le candidat a changé d’avis, c’est son droit. Mais reconnaître son erreur passée donnerait du poids à cette conversion.

Ne pas répondre à ces deux questions, c’est une fois de plus démontrer son appartenance à cette partie de la droite française qui parle si fort et agit si mollement. Une droite qui s’inspire plus de Tartarin de Tarascon que du Général De Gaulle.

Patrick Mottard

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