Présidentielle 2017 : corrida au Trocadero

C'est ce soir , à la tombé du soleil comme dans le veut la tradition, qu'on saura si le torero François Fillon sortira vivant de la corrida qui le voit opposé à un taureau qui n'est pas visible mais dont les cornes peuvent l'enfiler brutalement : l'opinion publique ! Affaibli par les "affaires" qui l'ont touché, presque coulé par les abandons en série de ses soutiens directs et indirects, le vainqueur de la primaire de la droite devra trouver le coup de rein pour sortir d'une situation de plus en plus nébuleuse et qui pourrait l'obliger à l'abandon. François Fillon a rendez-vous avec son déstin ... "a la cinco de la tarde" ( comme récite le poème de Federico Garcia Lorca)*

François Fillon est resté avec un carré de soutiens qui ne veulent pas rendre les armes mais combattre jusqu’ a la fin. On les comprend : pour beaucoup d’entre-eux ,son abandon signifierai la fin des espoirs de gloire personnelle ( et de strapontins ministériels et autres) et une probable mise à l’écart si un autre candidat devait être adoubé.

Comme toujours dans ces cas, les Brutus et les Tigellinus se cachent derrière les rideaux avec les postures des faux amis.

François Fillon a besoin d’un succès populaire dans ce meeting pour montrer que le peuple est encore avec lui malgré les déboires judiciaires qui l’attendent et le manque de probité et d’éthique dont on l’accuse.

Dans ce cas, il faut serrer les files, même si les défections seront nombreuses et de taille.

En fait, cette situation , entre les "pro" Fillon et ceux qui lui son "contre", est en train de se répercuter au niveau des territoires avec des retombés probables en occasion des législatives.

L’histoire nous raconte que ,souvent, il suffit d’ un seul coup de pistolet pour déclencher la bataille et parfois la guerre.

Regardons les Alpes-Maritimes : à un Christian Estrosi qui revendique sa fidélité au sarkozisme ( même maintenant que son menteur est passé dans les affaires de l’hôtellerie) et qui se plait à répéter que " je serai loyal mais je ne suis pas filloniste" et qu’il n’est pas avare de critiques quant au programme social du candidat , s’oppose Eric Ciotti, qui après avoir été le porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la primaire , a ensuite intégré avec la détermination qu’on lui connait l’équipe de campagne de Fillon où il joue le rôle de stratège du programme sécuritaire.

Alors quelle est leur positionnement par rapport au rassemblement de cet après-midi ?

C’est simple et claire : Christian Estrosi , il n’y ira pas et a demandé même à François Fillon de renoncer à ce meeting par crainte d’une massive et prépondérante présence d’un électorat ultra-catholique qui nuirait l’image de la droite "populaire" et à "favorisé" la souscription d’une lettre ouverte de la part de ses fantassins locaux et régionaux appelant le candidat à se retirer.

Par contre ,Eric Ciotti , lui sera en première file comme on le voit dans tous les meeting de François Fillon et proclame que " il ne faut pas reculer face aux attaques du pouvoir ", sans spécifier à quel pouvoir il fait allusion ( si pour pouvoir on entend les groupes de pression, oui c’est vrai , il y en a beaucoup qui sont en action mais pas nécessairement dans le sens que le président du Conseil Départemental laisse entendre ...).

Il sera accompagné par David Lisnard , soutien discret mais efficace de la première heure de François Fillon, dont on dit qu’il ne serait pas insensible, lui aussi, à des responsabilités gouvernementales.

Quel qu’il sera l’issu final de cette saga, une chose est sure : rien ne sera plus comme avant dans la politique nationale mais aussi locale.

Avec la possibilité d’avoir un seul mandat électif, des options devront être choisies après les législatives, ce qui changera obligatoirement la toponomastique de la hiérarchie du pouvoir local.

De plus , les élections municipales sont dans trois ans, et trois ans en politique c’est demain matin.

Cette élection présidentielle laissera certainement des traces et pas dans le sens des amitiés !

par Garibaldino

*Le 11 août 1934, Ignacio Sànchez Mejias, torero populaire à son époque, apprécié pour son courage et son style audacieux, fut encorné dans les arènes de Manzanares et mourut deux jours plus tard à Madrid de la gangrène. Lorca dédie ce poême à la compagne du torero, Encarnaciõn Lòpez Jùlvez, La Argentinita.

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