Primaire de LR : la "société juste" de Bruno Le Maire

Dernière étape de son tour estival des plages au Centre Nautique de Saint- Laurent du Var en présence d'une petite foule, échantillon de la France gallicane, blanche de peau comme de cheveux (les femmes étant plus libres du choix de la couleur de ce côté là).

A cette occasion, Bruno Le Maire a ouvert le défilé des candidats à la primaire qui viendront chercher des soutiens et des voix dans un des départements qui pèsent lourd dans l’électorat de droite.

Il est le "bleu " de la compétition, face aux expérimentés Fillon, Juppé , Sarkozy plus une pléthore d’outsider à la recherche de réhabilitation comme Copé, de positionnement pour mieux négocier leur abandon et soutien à tel ou tel autre candidat ou à tout simplement à la recherche d’un sursaut médiatique.

Il se veut aussi celui qui, mieux que d’autres, peut incarner le renouveau de la politique et de la droite en comparaison à ces vieux routiers, même si lui même est engagé depuis longtemps dans les cabinets ministériels et, plus directement, comme parlementaire (élu pour la première fois en 2007 et réélu en 2012), conseiller régional de 2010 à 2016 et Ministre des Affaires Européennes et de l’Agriculture dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Dans le département , Bruno Le Maire a trouvé une antenne courageuse en la personne de Joseph Ségura, maire de Saint Laurent du Var, qui a pris le risque de se mettre à dos la puissante représentation de la sarkozie qui gère d’une main ferme la quasi totalité du pouvoir local et qui n’ a pas du voir d’un très bon oeil cette désobéissance. Et que dire de la jeune Christelle Dintorni, maire de Rimplas, qui, en peu de temps, de son village avait été propulsé conseillère départementale, puis régionale ?

L’un et l’autre des téméraires dont on doit saluer la volonté de sortir des sentiers un peu trop battus.

Pour mieux comprendre le concept, il suffit de lire les noms des 80 signataires du manifeste de soutien à Nicolas Sarkozy, publié avant-hier, pour y retrouver l’empreinte de la hiérarchie d’une gestion verticale du pouvoir.

Que propose donc le benjamin de ce quatuor qui se disputera la palme du candidat de la droite qui sent le vent en poupe pour la reconquête du pouvoir ?

Aux gémonies François Hollande, le gagnant de la primaire sera fort probablement le grand favori pour être le prochain locataire de l’Elysée.

Mais de quelle droite doit-on parler ? Si Alain Juppé représente une droite modérée (presque un centre), François Fillon celle libérale et Nicolas Sarkozy celle identitaire, Bruno Le Maire parle de "société juste".

Ses propositions ciblent en premier lieu une classe politique que les électeurs, à tort ou à raison, considèrent une "caste" : un toit à 3 mandats consécutifs, la réduction à 400 députés et à 2 sénateurs par départements, plus l’obligation pour les fonctionnaires de démissionner (et non pas de se mettre en disponibilité) en cas d’élection de mandats publics ne peuvent qu’être applaudis avec conviction par un public nombreux malgré la chaleur.

Bruno Le Maire réclame un code du travail de 150 pages, une allocation sociale unique, un traitement en six mois des demandes d’asile, une réforme complète de la fiscalité favorable au risque et au travail induisant selon lui la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et l’abaissement de l’Impôt sur les plus-values.

En matière d’éducation , il se prononce contre le projet de réforme du collège présenté par Najat Vallaud-Belkacem au printemps 2015. Il veut que le collège n’ait pas un tronc commun mais propose des options qui feraient choisir entre une formation générale eu une professionnelle, mettant sur le même plan les futurs métiers de tête et ceux de main ( heureux lui qui à 11 ans savait déjà qui serait énarque !).

Concernant le volet social , un tour de vis est prévu pour éviter que les bénéficiaires en tirent un profit excessif : les diverses aides seront regroupé en une qui ne pourra dépasser 60% du smic. Le choc est garanti !

Enfin le candidat a abordé les problème de sécurité , pas question de laisser la place libre à la ligne identitaire de Nicolas Sarkozy.

Bruno Le Maire a choisi la ligne dure : patriotisme à l’école, les programmes doivent retrouver la veine patriotique, l’histoire de France célébrée comme il se doit pour une grande Nation ! ; sanctions pour les fichés S avec expulsion du territoire pour les étrangers, une nouvelle législation appropriée pour combattre l’islam agressif et provocateur , relance de la laïcité républicaine.

Inutile de dire que la musique était douce pour les oreilles des présent(e)s et le succès assuré.

Reste pour Bruno Le Maire à convertir ce capital de sympathie en bulletins dans les urnes. Nous ne pouvons qu’enregistrer son optimisme.

*les A-M sont le département où Nicolas Sarkozy a été le plus voté en 2007 et 2012

Bruno Le Maire, né le 15 avril 1969 à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique et diplomate français. Agrégé de lettres modernes et énarque, il devient directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin en 2006 puis est élu député UMP de l’Eure en juin 2007. Il occupe ensuite les fonctions de secrétaire d’État aux Affaires européennes de 2008 à 2009, puis de ministre de l’Agriculture pendant près de trois ans au sein des gouvernements François Fillon. Il est de nouveau élu député en 2012 et brigue sans succès la présidence de l’UMP en 2014 face à Nicolas Sarkozy. Il est candidat à la primaire présidentielle des Républicains de 2016.

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