Primaire de la droite : Victoire de Fillon, sans surprise...

Pour une fois, les urnes n'ont pas démenti le pronostic : François Fillon , 44% au premier tour, a été voté par près des 2/3 des électeurs. "Une victoire incontestable et incontestée" a déclaré Alain Juppé , digne perdant. La course est finie et la droite patrimoniale et paroissiale a battu celle œcuménique qui voulait rassembler une France fracturée.

Mais, le peuple de droite ne veut pas de demi-mesures, il veut de la testostérone. Alors la mollesse de Juppé ne passe pas. Pour cette droite , Fillon c’est le le Pen acceptable, c’est la purge sociale sans être populiste

Les Français qui ont porté Fillon l’ont porté pour ses positions droitières clairement assumées sur l’Islam, l’Éducation Nationale, la fonction publique, la santé ou encore la sécurité…

Son programme est aussi très clairement orienté vers le moins d’État et le plus de liberté d’entreprendre. Il n’y aura pas de surprises, on sait pour qui on a voté.

Retour au 39 heures, retraite à 65 ans, hausse de la TVA de 2 points, baisse des impôts direct, suppression de ISF, réduction de dépenses publiques de 100 milliards et de 500000 emplois publics, plafonnement et dégressivité des allocations chômage, reforme du travail indépendant sont les points phare de son projet.

"Ma démarche a été comprise" a dit le vainqueur de cette primaire. La couleur est annoncée.

Les électeurs de la primaire de droite sont estimé entre 4,2 et 4,6 millions. Les français inscrits sur les listes électorales sont 44,8 millions.

Dans les Alpes-Maritimes , la confluence des sarkozistes vers François Fillon a étoffé un résultat qui était déjà net au premier tour : les chiffres partiels le créditent de 3/4 des voix contre 2/3 au niveau national.

La victoire modeste, Jean-Pierre Lelleux qui fut le seul élu à faire campagne pour François Fillon a déclaré : "C’est un choix que j’ai fait à l’époque sans aucun calcul ni stratégie électorale particulière. Un choix de cœur et de conviction."

Plus institutionnel Christian Estrosi (qui n’a pas encore métabolisé la claque à Nicolas Sarkozy au premier tour) ne s’est pas épandu : "Je félicite @FrancoisFillon et j’appelle les Français qui se sont mobilisés à redoubler d’efforts pour qu’il devienne le prochain Président". Les soi-disant biens informés nous disent que ses rapports avec le vainqueur de la primaire ne sont pas des meilleurs. Et puis, l’ancien "collaborateur" à la place de son mentor, c’est dur à avaler.

Par contre, Eric Ciotti est clairement dans la récupération vers celui dont il fut très proche lors de campagne pour la Présidence de l’UMP en 2013 et qu’il avait successivement abandonné pour devenir Monsieur Sécurité de Nicolas Sarkozy avec la perspective de devenir "son" Ministre de l’Intérieur : " La victoire de @FrancoisFillon est forte et sans ambiguïté, elle a donné une puissance à l’alternance " a affirme lors d’une interview sur Europe1 dans la soirée d’hier.

Plongé évidemment dans l’émotion, il a même déclaré : "Ce qu’a réalisé @FrancoisFillon ces dernières semaines est un mouvement inédit dans l’histoire politique contemporaine".

Si on commence par l’adulation fin novembre, quelle sera la suite dans les mois suivants ?

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