Primaire : les socialistes à l’heure du choix

A l'occasion de la primaire de fin janvier, les électeurs du Parti Socialiste devront trancher. Ils devront faire les choix économiques que la gauche n'a pas su acter pendant sa décennie d'opposition de 2002 à 2012 et que François Hollande n'a pas réussi à faire partager durant son quinquennat.

Les conditions du renoncement du chef de l’Etat, ne vont pas non plus faciliter un débat serein.

Au contraire, les divisions se sont exacerbées entre les soutiens de la politique de compétitivité du chef de l’Etat, incarnée par son pacte de responsabilité, et les frondeurs pour qui les baisses de charges seront toujours des « cadeaux » immérités aux entreprises et l’augmentation des dépenses publiques un bienfait.

Les débats sans fin sur la relance keynésienne et le grand soir fiscal ont occulté des problématiques montantes - l’impact de la numérisation et de la robotisation, l’égalité réelle, la croissance verte, etc. - restées sans réponse.

La primaire devrait en théorie être l’occasion de moderniser enfin le logiciel du PS, d’autant que les positionnements ne s’annoncent pas purement binaires, un candidat tel qu’Arnaud Montebourg soutenant à la fois la politique de l’offre et une rupture avec les règles budgétaires et commerciales de l’Union européenne.

Il faudra que les uns et les autres avancent des programmes charpentés et crédibles, appuyés sur des convictions bien arrêtées, et que l’électorat de gauche se les approprie avant de faire son choix, à l’instar du long processus que l’on a pu observer à droite.

Le risque est grand d’assister à des règlements de comptes (via le « tout sauf Valls ») au terme d’un quinquennat raté plutôt que de voir les postulants se projeter sur l’avenir. Une sorte de « primaire congrès » ravageuse.

Un autre écueil ne doit pas être sous-estimé : le choix fait par Emmanuel Macron de tenter l’aventure élyséenne via son propre mouvement va faire pencher très à gauche les débats de cette primaire, au risque d’une surenchère renvoyant le PS loin des réalités de gouvernement.

D’autant qu’avec la candidature du leader d’En marche, les chances du futur candidat socialiste d’accéder au second tour de la présidentielle paraissent infimes.

C’est d’ailleurs le calcul d’Emmanuel Macron. pour le futur.

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