Promenade des Anglais

Alors que l'indécence politicienne – notamment à Nice – continue à envahir l'espace public, nous avons préféré respecter le deuil national en cheminant comme de nombreux Niçois sur la Promenade des Anglais.

Devant les fleurs, les messages et les bougies, j’ai éprouvé la même indicible tristesse envers les victimes et la même rage froide contre l’intégrisme islamiste qu’à New York en novembre 2001 devant les ruines du Trade World Center ou devant le Bataclan à la fin de l’année dernière.

Mais nous sommes à Nice et depuis la funeste soirée, il n’y a pas une rencontre ou un coup de téléphone qui ne vous rapporte pas un drame ayant touché une famille de notre cité. Même si on ne doit (surtout) pas oublier les visiteurs touchés, le constat est accablant : les conséquences de l’attentat se sont bien capillarisées dans toute la ville.

En marchant entre les cœurs dessinés à l’emplacement des corps sans vie, vous imaginez forcément des visages familiers qui vous obligent à sortir d’une désespérance un peu abstraite.

Pour ma part, c’est à Gaston que j’ai pensé en premier : un adorable petit garçon plein de joie de vivre, de rêves et de questions avec son drôle de chapeau d’homme. Il se bat encore inconscient sur son lit de l’hôpital Lenval. Nous pensions aussi à Francisca, sa maman, notre étudiante, luttant sur son lit de douleur du CHU de Marseille pour surmonter de nombreuses lésions aggravées par une santé fragile.

Errer sur la Prom m’a donné le sentiment paradoxal d’être avec eux, à leurs côtés.
Ici pas besoin de dire « Je suis Nice » puisque Nice nous sommes pour le meilleur et pour le pire. À tout point de vue.

Demain lundi ( ndlr : aujourd’hui) à midi nous reviendrons sur la Prom pour participer à la minute de silence nationale. Nous n’irons pas au rendez-vous proposé par la municipalité. Si l’invitation était vraiment celle du nouveau maire, Monsieur Pradal, qui a écrit ce matin une tribune forte mais digne et responsable sur les événements dans Nice-Matin, nous aurions bien entendu participé à ce rassemblement républicain. Mais, sous la probable autorité du Premier adjoint, ce n’est pas possible. Ce n’est plus possible.

Patrick Mottard

Partager

Laisser un commentaire

Qui êtes-vous ?
Votre message