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A Nice, Polychromes fait "d'un genre à l'autre"

Benoît Arnulf est l’un des membres fondateurs de l’association Polychromes, organisatrice des rencontres cinématographiques "d’un genre à l’autre" qui se tiendront à Nice du 30 avril au 4 mai 2008. Il revient sur la génèse de cet évènement et sur les moments forts qui feront vibrer les salles obscures niçoises.
14
avril
2008
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Nice Premium : Benoît Arnulf, parlez-nous de ces rencontres cinématographiques « d’un genre à l’autre » ?

Benoît Arnulf : « D’un genre à l’autre », organisée par la jeune association Polychromes, en partenariat avec la Mission Cinéma de l’Espace Magnan, l’association Héliotrope et le Cinéma Le Mercury, est une proposition cinématographique de qualité, alliant découvertes, nouveautés et « grands classiques », autour des thématiques gay et lesbiennes.

« Rencontres », plutôt que festival, car nous avons pensé cette manifestations autour de la relation directe entre les spectateurs et les artistes ou intervenants, présents pour accompagner les films projetés. Nous souhaitions aussi susciter des « rencontres » entre différents publics qui ne se croisent pas forcément ailleurs.

NP : C’est une première, avez-vous connu des difficultés particulières dans l’organisation ?

BA : Organiser une manifestation qui a pour ambition de projeter autant de films (une douzaine de long métrages et près de dix courts) coûte beaucoup d’argent, au-delà de la mobilisation humaine et du savoir-faire. Polychromes, qui a un peu plus d’un an d’existence, et l’équipe des rencontres ont dû se tourner dès l’origine du projet vers des partenaires solides pouvant nous apporter le soutien technique et financier nécessaire. Sans la Mission cinéma de l’Espace Magnan, le cinéma le Mercury et l’association Héliotrope, cette première édition des Rencontres n’aurait pu se faire.

De plus, je dois avouer que tous les interlocuteurs que nous avons sollicités nous ont fait confiance, qu’il s‘agisse des grandes institutions locales ou des commerçants, et je n’ai jamais noté, jusqu’à présent, de réticences ou de refus pouvant être liés à la thématique de cette manifestation culturelle. Preuve que les choses changent dans notre région, comme ailleurs. Mais attendons la dixième édition des rencontres pour crier victoire…

NP : Quels seront les moments forts de votre manifestation ?

BA :Le fait de proposer des rencontres cinématographiques gay et lesbiennes à Nice constitue à lui seul un moment fort, quand on sait que toutes les autres grandes villes de France connaissent déjà ce type de festivals depuis de longues années.

Nous sommes heureux d’accueillir de nombreux invités pour animer ces rencontres d’un autre genre. Le réalisateur Jacques Nolot nous fait l’amitié de nous consacrer toute une journée pour présenter ses deux derniers films (La chatte à deux tête et Avant que j’oublie, inédit à Nice) et débattre avec l’écrivain niçois Laurent Herrou.

Dans le cadre du quarantième anniversaire de Mai 68, Alessandro Avellis vient présenter son film documentaire La révolution du désir qui témoigne de la naissance des mouvements féministes et homosexuels à la suite des mouvements du « joli mois ». Il débattra avec Alain Brassart, auteur de son récent ouvrage, L’homosexualité dans le cinéma français.

De plus, la réalisatrice Céline Sciamma, à qui Jeanne Moreau a récemment légué son César d’honneur, nous fait l’honneur de sa présence avec son film Naissance des pieuvres.

Nous sommes fiers de proposer au public niçois un hommage au génial réalisateur allemand Rainer W. Fassbinder, en projetant ses deux derniers fims. Querelle, adapté de l’œuvre de Jean Genet, et surtout Berlin Alexanderplatz, film-fleuve de 15 heures diffusé sur deux jours !

A noter enfin que « d’un genre à l’autre » se tourne vers les publics scolaires en invitant les lycéens du département et leurs professeurs pour des séances « jeunes » autour des films Naissance des pieuvres et XXY.

NP : Enfin, est-ce que cet événement en appellera d’autres et dans d’autres domaines ?

BA : Pour Polychromes, « d’un genre à l’autre » vient s’ajouter aux autres activités de l’association dont la première chorale gay, lesbienne et friendly de la Côte d’Azur, qui répète depuis août dernier, tous les mercredi (salle paroissiale de l’Eglise du Sacré Cœur, 20h-22h). Nos aspirations de promotion et de diffusion de la culture LGBT à destination de tous les publics, LGBT comme friendly ne s’arrêteront pas là et je vous invite à suivre les activités de l’association sur son site www.polychromes.fr.

par Franck Viano

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