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Cannes, Patrick Mottard en fait tout un festival

M’étant engagé à marier cette après-midi Lydie et Michel, deux sympathiques quinquagénaires du quartier du Parc Impérial, mon passage à Cannes pour cette troisième journée du Festival sera extrêmement bref : exactement une heure trente-cinq, la durée du premier film français en compétition.
20
mai
2007
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Les chansons d’amour de Christophe Honoré

Présenté comme une comédie musicale, le film est en réalité bâti sur un scénario classique entrecoupé de chansons. De chansons d’amour d’ailleurs plutôt réussies. L’histoire commence comme un marivaudage un peu vain entre bébés bobos à la sexualité incertaine. Mais très vite, à la suite de la mort accidentelle de Julie (Ludivine Sagnier), tout bascule et ce si petit monde est brusquement confronté à l’absence, aux remords, et aux lendemains qui ne chantent plus.

Chacun réagit à sa manière, s’interroge sans fin, pour finir à réapprendre à vivre. Mais revenir de deuil, c’est un peu comme revenir de voyage : Ismaël (Louis Garrel), l’anti-héros de l’histoire, sorte de fils naturel d’Antoine Doinel, en fera l’expérience. Il ne sera plus jamais le même homme.

Du jeune cinéma français, sincère et ambitieux : on en redemande.


Deux films au programme de cette quatrième journée de Festival : la dernière production des frères Coen et un film coréen.

No country for old man, de Joël et Ethan Coen

Un braconnier texan (Josh Brolin) découvre dans le désert une demi-douzaine de cadavres et une valise de dollars, le tout probablement lié à un trafic de drogue avec le Mexique. En voulant s’approprier le bien d’autrui, le pauvre homme va déclancher une explosion de violence doublée d’une course-poursuite infernale entre lui-même, les commanditaires du trafic, des tueurs plus ou moins free lance, et le débonnaire shérif du coin (Tommy Lee Jones à peine revenu de ses « Trois enterrements »). Mais le pire de tous, celui qui mène le jeu, est un tueur psychopathe (Javier Bardem, impressionnant), qui élimine à tours de bras, presque pour le plaisir, tous ceux qui se mettent sur son chemin. Petite particularité, il massacre ses victimes avec un pistolet à pression qu’on utilise généralement dans les abattoirs pour tuer le bétail. L’effet est spectaculaire et Tarentino a probablement dû faire une jaunisse de ne pas avoir eu cette idée ! Au final, tout le monde y passera, Anton Chigurh, le psychopathe, éliminera tous les protagonistes de l’histoire saut le shérif débonnaire qui pourra prendre une retraite pas tellement méritée.

En fait, les frères Coen revisitent le western-spaghetti : même passion pour les gueules et les trognes, même goût de la violence stylisée, même fascination pour les déserts surchauffés, même humour (« - Si je meurs, dis à ma mère que je l’aime. - Mais ta mère est morte ! - Alors je lui dirai moi-même »). Même si, chez eux, la brute l’emporte haut la main, en éliminant les bons et les truands.

Un film jubilatoire, mais peut-être un peu trop parodique pour être à la hauteur de son ambition affichée.

Soom, de Kim Ki-Duk

Après la conseillère générale du 7e canton lors de la cérémonie d’ouverture, j’ai à nouveau à mes côtés une Niçoise célèbre : la talentueuse Sophie Duez. Juste le temps d’évoquer la difficulté d’exister artistiquement quand on a décidé de faire une carrière en province, et nous voilà déjà plongés dans l’enfer des relations matrimoniales coréennes.

Monsieur Jin est un goujat. Il trompe sa femme sans se cacher, tout en exigeant que celle-ci soit une épouse et mère modèle. Madame Yeon, forcément, pète les plombs et décide de séduire un condamné à mort afin de se prouver qu’elle peut encore compter aux yeux de quelqu’un. Ce qui donne quelques scènes incongrues mais d’une beauté sidérante, comme ces rendez-vous au parloir que la dame décore préalablement et successivement aux couleurs des quatre saisons.

Tout finira bien. Monsieur Jin, un brin jaloux, va retrouver le droit chemin et, après quelques galipettes carcérales, Madame Yeon va renvoyer le prisonnier à la concupiscence de ses voisins de cellule avant de rejoindre elle aussi le giron familial. Ce qui donne une scène finale d’anthologie : la petite famille chantant à tue-tête dans la voiture le célèbre « Tombe le neige » d’Adamo... en coréen, bien sûr !

Un cinéma imaginatif, dérangeant, mais un peu trop excessif pour vraiment toucher. Cela dit, les acteurs et le metteur en scène seront à la fin de la séance gratifiés de la plus belle standing ovation depuis le début du Festival. Alors, wait and see...

par Franck Viano

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  • Cannes, Patrick Mottard en fait tout un festival
    22 mai 2007, par Gabie

    Brillant comme toujours vos chroniques. Mais ne seriez-vous pas plus utile auprès de Dominique sur le terrain. Il faut mouiller la chemise, on en a marre de l’UMP tout puissant. Prendre une circonscription à Nice ce serait plus fort que la palme d’or.

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