Il était venu en janvier à Nice alors qu’il n’était que le quatrième homme ou le troisième derrière le duo Sarkozy-Royal. François Bayrou, le candidat UDF à l’élection présidentielle, a refait une excursion, au milieu de son tour de France, jeudi 15 mars, dans la capitale azuréenne accueilli par le député UDF Niçois Rudy Salles.
En fin d’après midi, l’escorte Bayrou s’est arrêtée en haut de la Promenade des Anglais au pied du château. Une horde de journalistes l’attendait. Des journalistes locaux, nationaux et internationaux. Ils ont formé une mêlée impénétrable. Seul François Bayrou arriva habilement à s’en dépêtrer pour aller serrer quelques mains et discuter avec quelques passants étonnés ou réjouis mais jamais mécontents. Les photographes et les caméramans sont ravis. Les journalistes presse et radio ont plus de mal à exercer leur métier.
François Bayrou se dirige ensuite dans le Cours Saleya. Il s’arrête à quelques tables avec les mêmes poignes qu’en bord de mer. Il teste sa côte de popularité. Il en est tout sourire. Un candidat heureux au teint bronzé. Bain de foule va en ce moment de pair avec bain de soleil.
Il poursuit sa promenade jusqu’au café "Au Long Cours" où il donne une conférence de presse. Les sujets habituels sont abordés. Il en appelle à un rassemblement de "Toutes les forces démocratiques". Il se satisfait d’un sondage de ce vendredi où 61% des français souhaite un gouvernement d’Union Nationale. Deux tiers des français légitiment ainsi le projet Bayrou. Lorsqu’on l’interroge sur ce qu’il ferait s’il n’était pas au second tour, il refuse d’imaginer cette hypothèse : "Il se trouve que je ne serais pas battu. Je n’envisage pas la défaite." Sa confiance s’exprime par une lapalissade quant à son opposition avec Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy : "Je veux devancer l’un au premier tour et battre l’autre au second ".

Les vocables les plus utilisés par le candidat béarnais tournent autour du changement : "Le cap est de changer notre république". Il n’évoque pas la VIe République : "L’affaire de numéro est une affaire secondaire". Il veut surtout changer l’alternance. Pour lui 2007 est une année clé : "nous sommes au bout d’un cycle politique entamé en 1981. C’est la fin du cycle Mitterrand-Chirac et celui de leurs partis respectifs et je n’ai pas envie, et les Français non plus, que l’on reparte pour un nouveau tour de manège". Il commente sobrement la convocation de Jacques Chirac devant le tribunal au mois de juin comme "une situation embarrassante" tout en se félicitant de la séparation des pouvoirs.

L’escapade s’achève au Nikaia. La salle est pleine. Durant 1 heure 30, François Bayrou expose son programme ou plutôt son projet comme il se plaît à dire. La fatigue opérant, il commet des petits lapsus en fin de discours. Rien de grave. Il continue de sourire, se permet des notes d’humour. En pleine confiance, rien ne paraît le destabiliser.
Devant 5000 spectateurs conquis, il balaie tous les domaines en s’efforçant de bien expliquer. L’art de la pédagogie... Il définit le rôle suprême d’un Président de la République : "La mission essentielle est d’aider ses compatriotes à vivre ensemble, qui refusent de les opposer, de les plonger dans la détestation réciproque. Le Président de la République est un rassembleur et c’est en rassembleur que je veux affronter cette élection présidentielle." Il détaille l’état d’esprit collectif qu’il espère inculquer : "Je veux rendre l’esprit d’équipe à la France. Je veux qu’on soit solidaires, qu’on se serre les coudes, qu’on se rassemble et aucun obstacle ne nous résistera. Nous avons un granp peuple. Nous avons un grand destin à condition que nous le défendions ensemble et pas les un contre les autres". Il s’appuie sur l’exemple d’un conducteur de taxi pour décrire son concept : "Un conducteur de taxi m’a dit que pour travailler il avait besoin de sa main droite et de sa main gauche et qu’il voulait un président de la république qui fasse travailler la main droite et la main gauche de la France".
Il aborde les retraites, l’éducation ("L’Education et la recherche sont la clé de tout"), l’emploi avec pendant cinq ans la possibilité de créer deux emplois sans charges, la réforme du parlement en citant deux chiffres comme simple constat : "En 2002, Chirac et Jospin représentaient 35% des voix au premier tour mais leurs deux partis occupent 92% des sièges de l’Assemblée Nationale". Il propose un scrutin pour les législatives à moitié proportionnel et à moitié majoritaire pour une meilleure représentativité.
Il n’élude pas la politique étrangère et l’Europe. Il veut que la France joue un rôle important pour lutter contre le réchauffement climatique : "Il y a des choses, si la France ne les dit pas, personne ne les dira." François Bayrou attache una attention particulière à l’Afrique : "temps qu’on aura les vingt pays les plus pauvres dans le monde, et en Europe dix des pays parmi les plus riches, il n’y aura pas de politique d’immigration et de régulation qui réussira. Je ne crois pas qu’on y arrivera avec des murailles et de manière efficace avec des charters. Temps qu’il y aura des gens qui mourront de faim et de désespoir chez eux, ils essaieront de rejoindre l’Eldorado qu’ils croient être notre société." La solution est, pour le candidat UDF, d’aider le continent africain à se développer. Il termine avec un mot sur l’Europe : "Il faut réconcilier les Français avec l’Europe et l’Europe avec la France". Tout un programme... Un parcours fatigant attend François Bayrou jusqu’au 22 avril comme pour tous les candidats avec des pièges, des essoufflements ou des tensions. Jeudi, à Nice, François Bayrou n’a eu aucun signe de faiblesse. La route est encore longue.
Je suis aussi socialiste mais je donnerais ma voix à François Bayrou. Malgré mes efforts, je ne pense pas que Ségolène Royal soit prête à gouverner un pays même si elle est très efficace sur le plan régional.
C’est peut-être aussi ça la nouvelle politique ?
PM
Petite fille de Mineur ancien secrétaire de section du Parti socialiste, avec ma famille nous étions ce soir devant France 2 pour entendre Madame Segolene Royale. Mes parents sont retraités et je suis enseignante en ZEP. Nous hésitions jusqu’alors sur le choix à faire et les débats étaient animés à la maison. J’avais pu tirer des exemplaires des programmes de tous les principaux candidats républicains via internet pour que mes parents et mon grand-père puissent juger sur pièces.
Aujourd’hui, entendre, par deux fois, Madame Royal, prétendre que Monsieur Bayrou n’avait aucun programme a été vécu par toute ma famille comme un drame ! Comme un déni de républicanisme.
Nier l’évidence avec autant d’aplomb n’est pas digne de la gauche et surtout du PS. Ce n’est pas ainsi que mon grand-père a défendu toute sa vie les droits de ses camarades. Ce n’est pas ainsi que mes parents m’ont élevée. Ce n’est pas ainsi que je souhaite élever mes propres enfants et enseigner aux autres les valeurs humaines de droiture et de dignité.
Mon grand-père s’est immédiatement levé de son fauteuil et est parti se coucher sans attendre ! J’ai vu dans ses yeux de chaudes larmes et un colère retenues.
Peut-être s’est-il souvenu à cet instant de l’ardeur avec laquelle il nous expliquait lorsque nous étions enfants, mon frère et moi, l’idéal de justice et de probité qui devait faire la force des socialistes français ; peut-être s’est-il souvenu en cet instant de la droiture qu’il se plaisait à nous dépeindre chez celui qu’il avait rencontré et admiré un jour de 1933, un certain Léon Blum. Ce Léon Blum dont il était fier d’avoir serré la main.
Je voulais vous témoigner mon souhait de voir Monsieur Bayrou mettre bientôt définitivement hors de nuire ce type de pratiques. Je vais prendre contact dès demain avec l’UDF local et proposer mes services ainsi que ceux de mon frère ! Le gens sincèrement socialistes comme nous y retrouveront sans doute plus d’authenticité sans renier leur culture politique.
Marie
Après avoir été soit-disant obligé de voter Chirac pour éviter LePen , vous les socialistes invertebrés , vous vous sentez dèjà obligés de voter "bené-Bayrou" pour éviter "Méchant-Sarko". Heureusement que l’on ne compte pas sur vous pour défendre "la FRANCE".
Un gentil-méchant qui ne vous comprends plus !!
Je vote Bayrou mais ne rejoindrai pas l’UDF...
Comprenne qui peut !
Allez quittez le navire ! Vous qui avez toujours baissés votre froc !
Comment vous n’êtes plus fière ?
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