« Garibaldi est à l’évidence le seul niçois connu dans le monde entier, de l’Amérique latine à l’Angleterre ». Ce sont les mots de l’historien niçois Max Gallo. Niçois, Garibaldi l’était moins qu’il aimait le dire. Le héros populaire choisissait la nationalité italienne, celle de son père, quand Nice, elle, devenait française. Mais dans le coeur des niçois, il reste Jòsué Garibaldi, le "Che nissart".
C’est ce qui a frappé Hubert Heryès, auteur du livre « Garibaldi, héro d’une Europe en quête d’identité » et maître de conférence à l’université Montpellier III : « C’est surprenant, en Italie Garibaldi fait partie de la mémoire collective, mais c’est ici, à Nice, qu’il suscite le plus d’engouement ! De l’autre côté de la frontière, il est le père de l’unification italienne. A Nice, on cultive plus le mythe du héro, de l’aventurier. C’est là qu’il a d’abord été marin. »
Les Niçois ont un petit côté insulaire. Fier. Garibaldi reste un des symboles de cette ville qui n’est Française que depuis un siècle et demi, et si attachée à sa culture. Sur le marché du Cours Saleya, Lucienne, 64 ans, vend ses fleurs. « Garibaldi ? C’est un militaire italien. Un enfant du pays. » Contradictoire ? Pas pour Lucienne : « C’est une figure d’ici, un peu comme Catherine Ségurane. Il fait partie de la ville parce qu’il y est né, c’est normal d’en être fier et de lui rendre hommage. »
Garibaldi a toujours inspiré ceux qui ont le goût de creuser un peu dans la culture niçoise : « C’est un héros romanesque. De nombreux artistes se laissent séduire par le personnage. On trouve de tout sur Garibaldi : des chansons, des livres, des spectacles. Même s’il s’est compromis ou contredit idéologiquement, il ne s’est jamais battu pour son seul intérêt personnel. C’est ce qui plaît aux artistes idéalistes », indique Patrice Arnodo. Ce professeur de niçois, au lycée du Parc Impérial, regrette que Garibaldi soit absent des programmes de l’éducation nationale.
Il aimait dire « je ne suis né ni italien, ni français, ni savoyard. Je suis né niçois. » C’est peut être pour cela que Giuseppe Garibaldi n’a pas trouvé sa place dans les livres d’Histoire. « Telle qu’on l‘enseigne aux élèves, l’histoire de France est assez nationaliste. Les héros Français sont des hommes comme Napoléon. Aujourd’hui, Garibaldi évoque, au mieux, l’unité italienne, au pire, une place dans Nice », explique Patrice Arnodo. A la rentrée prochaine, il emmènera sa classe sur la tombe de Garibaldi, en Sardaigne. Le professeur veut continuer à « transmettre aux jeunes l’histoire de notre région. »
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