« Salaires méprisés, salaires maltraités, salaires mal payés », ces quelques mots résument l’état d’esprit des quelques 350 manifestants présents hier après midi devant l’hôpital Sainte-Marie. Ces derniers, pour la plupart employés de l’établissement, manifestaient à l’appel de l’intersyndicale CGT-SUD-CGC-FO-CFDT-CFTC. Objectifs avoués : une augmentation des salaires, une indemnité de 2% pour la vie chère à Nice, ainsi qu’une fidélisation des emplois. « Les charges ont augmenté et dans le même temps nos salaires ont stagné. Nous n’avons eu aucune augmentation depuis près de 10 ans. Ce n’est plus possible. Nous voulons juste pouvoir vivre décemment », constate Catherine Gaillard, surveillante en chef sur le site.
Hôpital privé mais financé par l’argent public, Sainte-Marie va mal. Ceci en dépit des efforts de ses 1103 employés, dont 300 soignants. Le déficit n’a cessé de se creuser depuis maintenant quatre ans et faute de personnel, l’établissement peine à encadrer ses malades. En outre, l’intersyndicale dénonce une gestion qualifiée d’ « hasardeuse » et le manque de soutien de la part du ministère de la Santé. « L’Etat fait passer actuellement beaucoup de secteurs publics au privé. Celui de la psychiatrie est particulièrement touché et nous avons l’impression grandissante que notre ministère nous lâche », souligne Guy Musella, délégué syndical CGC.
L’homme est en colère. Cadre supérieur de santé dans l’établissement, il voit de jour en jour la situation se dégrader : « Les patients sont lésés. Le manque de personnel et de moyens fait que nous avons de plus en plus de mal à les soigner dans de bonnes conditions » avant d’ajouter : « C’est de l’errance thérapeutique ». Le tableau n’est en effet guère reluisant. Les lits disponibles en cas d’hospitalisation ne cessent de baisser, les structures de soins cessent régulièrement leurs activités. Ainsi deux d’entre elles n’ont pas été réouvertes en juillet dernier. L’intersyndicale voudrait notamment revenir sur ces fermetures.
La situation n’est pas nouvelle mais s’est assombrie récemment. Le délégué syndical lâche un peu dépité : « Ca a commencé à se dégrader en 1998/99, mais depuis six mois, c’est pire. Le manque cruel de moyen se fait de plus en plus sentir. En fait, l’Etat veut surtout faire des économies sur tout ». Un exemple concret : des 1000 lits disponibles au début des années 80, l’établissement psychiatrique n’en a conservé qu’environ 435.
La sécurité des équipes soignantes et des patients est, elle aussi, à l’ordre du jour. La surveillante en chef, qui connait bien le sujet pour le vivre au quotidien, tient cependant à apporter une précision au sujet des agressions du personnel : « On est constamment sur le fil du rasoir et il est vrai que de temps en temps ça dérape. Mais c’est très rare. Un cas ou deux de violence grave par décennie ». Elle poursuit : « Ce sont surtout des agressions verbales plus que physiques. Si ça dégénère, nous n’hésitons pas à appeler la police. D’ailleurs, nous travaillons en collaboration étroite avec eux ». Le drame de Pau est encore dans tous les esprits. Dans la nuit du 17 au 18 décembre 2004, deux infirmières avaient été assassinées et mutilées à l’arme blanche par un déséquilibré. L’affaire avait fortement émue l’opinion publique. Guy Musella rebondit sur les propos de sa collègue et assène : « L’Etat avait alors promis des mesures concrètes pour résoudre le problème. Deux ans et demi après, rien n’a changé. C’est aussi pour ça que nous sommes dans la rue aujourd’hui ».
Malgré tout, on ne peut passer sous silence les cas récents de maltraitance. Une affaire de viol a été ainsi mise à jour en 2004. Le syndicaliste admet ces égarements mais refuse que les médias fasse un raccourci trop facile : « Quand il y a faute grave, il faut sanctionner. Mais c’est avant tout un acte isolé. Il ne faut pas généraliser ça à l’ensemble du personnel soignant ».
Une table ronde entre la direction générale et l’intersyndicale se tiendra jeudi afin de trouver des solutions. Mais le délégué syndical n’est pas dupe : « Ils ont refusé de venir discuter à Sainte-Marie. Alors on monte négocier avec le conseil d’administration à Chamalières (Puy-de-Dôme). Mais nous sommes pratiquement surs qu’ils vont faire la sourde oreille. C’est toujours comme ça, ils se rejettent la patate chaude entre autorités concernées et finalement rien ne bouge ». Réponse dans les prochains jours.
A moins de devenir ministre, je sais pas quoi faire pour cette JUSTE cause.
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