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Julien Sablé : une naissance à Marseille, une vie à Saint-Etienne, une arrivée à Nice

Julien Sablé se livre pour Nice Premium afin de mieux se faire connaître des Niçois. Dans cette deuxième partie, il nous en dit un peu plus sur lui. Derrière son âme d’éternel travailleur, le néo-Aiglon est un homme franc, sincère et attachant.
5
mars
2009
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© ogcnice.com

Nice Premium : Vous avez passé plus de dix ans à Saint-Etienne. Pourquoi avez-vous quitté le club à la fin de la saison 2006/2007 ?

Julien Sablé : (Il souffle). J’ai encore du mal à comprendre comment on en est arrivé là avec Saint-Etienne. Lorsque je disais vouloir faire ma carrière là-bas, ce n’était pas des paroles en l’air. J’étais annoncé partant depuis deux saisons. La dernière année, j’aurais dû rejoindre Toulouse avec Elie Baup. Ivan Hasek m’avait demandé de rester et j’en avais fait une question d’honneur. Cela a été l’année de trop après dix ans en équipe première, sans compter les années de formation.


NP : Que s’est-il passé ?

JS : Je pense qu’on en avait marre de moi. On m’a mis habilement des bâtons dans les roues car je n’ai jamais pris quelqu’un la main dans le sac en train de dire que l’on ne voulait plus de moi. Mais j’ai compris que mon départ était un soulagement pour tout le monde. Après, je ne suis même pas retourné à Saint-Etienne tout de suite car c’était trop dur. Je n’y ai remis les pieds que six mois après. Encore aujourd’hui, j’ai du mal à revenir même si j’y ai des amis. C’est toute une vie que j’ai laissé.


NP : Avez-vous des regrets ?

JS : Non. Je ne regrette pas d’être parti car c’était fini. Je savais que c’était la fin d’un cycle. Saint-Etienne est un grand club où l’on demande beaucoup. Comme je représentais les valeurs du club et que j’étais issu du centre de formation, on m’en demandait plus. Cependant, j’étais dans une période où je ne pouvais pas donner plus. Mon caractère fait que je parle parfois trop vite et les choses se sont envenimées avec Hasek alors qu’au départ, tout se passait très bien. Mais beaucoup de points ont fait que cela n’était plus tenable pour personne. Autant partir avec une belle image.


"Quand on est de la merde, on fait le tri parmi les amis"

NP : Etes-vous capable de revenir un jour à l’AS Saint-Etienne ?

JS : Je reviendrais uniquement si le club est en difficulté. Leur politique actuelle n’est pas en accord avec ma vision des choses. Je trouve qu’il y a une très belle équipe, de très bons joueurs. Le propre de Saint-Etienne est que l’on fixe un axe qui change en fonction des résultats. Si on fait confiance aux jeunes, il faut le faire même dans la difficulté. Une année comme celle-ci, c’est beaucoup de bien pour eux. Ils vont obligatoirement s’en sortir avec leur entraineur, avec les joueurs qu’ils ont, avec les garçons charismatiques qui aident les jeunes. Une année à Saint-Etienne, c’est usant. Ce sont deux ou trois années dans un autre club. J’ai l’impression d’y avoir passé 20 ans. D’une semaine sur l’autre, la pression populaire empêche de se relâcher. C’est gratifiant mais c’est aussi épuisant. Il m’a fallu presque un an pour récupérer après mon départ. Je pense que c’est pour cela que j’ai laissé des plumes à Lens.


NP : Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?

JS : Mes souvenirs sont à Saint-Etienne. Mais je retiens la montée avec Fred Antonetti en 2004. C’était l’année ou jamais. A part lui et les supporters, personne n’y croyait, même pas nous, les joueurs. L’année suivante était très belle aussi. J’étais aux portes de l’équipe de France et on décroche l’Intertoto. Même si nous n’avons passé qu’un tour, c’était grandiose.


NP : Qui sont vos amis dans le football ?

JS : Je pense avoir beaucoup d’amis. Mais on reconnaît les amis sincères lorsqu’on est dans la merde. L’année dernière, j’ai pu faire le tri. Je vais donc citer Vincent Hognon, Patrice Carteron et Jody Viviani (tous les trois ex-coéquipiers à l’AS Saint-Etienne. Le premier joue au Gym, le second entraine l’AS Cannes et le troisième est l’actuel deuxième gardien du club stéphanois, ndlr).


"À chaque jour suffit sa peine"

NP : Quel est votre stade préféré ?

JS : Geoffroy-Guichard

NP : Nice ou Marseille ?

JS : Marseille. C’est mon lieu de naissance, ma famille habite là-bas. Mais il n’y a pas énormément de différences entre ces deux villes.

NP : Que faites-vous en dehors du foot ?

JS : Je reste chez moi. Je suis assez casanier, assez famille. J’ai connu deux villes populaires, je ne sortais pas trop car j’étais parfois oppressé. A la maison, je regarde des DVD, j’essaie de beaucoup bouquiner pour acquérir les connaissances que je n’ai pas eues à l’école.

NP : Vos qualités et vos défauts ?

JS : Je suis impatient, mauvais perdant aussi. Je parle parfois trop vite, sans réfléchir et ça me nuit. Je suis également naïf, trop gentil avec les gens. Je préfère que les autres parlent de mes qualités plutôt que moi. Mais je dirais que je suis un battant, quelqu’un de courageux.

NP : Votre film préféré ?

JS : Braveheart.

Une chanson ?

JS : Ça Fait Mal de Christophe Maé.

NP : Un plat ?

JS : Des crevettes à la persillade ou au barbecue.

NP : Une citation, un conseil pour vivre ?

JS : Avant de mourir, ma mère m’a dit : "à chaque jour suffit sa peine". Mais j’ai du mal à l’appliquer.

par Damien Nore

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  • Julien Sablé : une naissance à Marseille, une vie à Saint-Etienne, une arrivée à Nice
    5 mars 2009

    Courage à toi Juju

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