Il faut assurément se réjouir de la libération, après six années de captivité éprouvante, de la franco-colombienne Ingrid Betancourt. Aucune polémique stérile, de nature politicienne, ne devrait venir ternir la joie des retrouvailles de cette femme avec sa famille et le monde de la liberté. Peu importe les conditions dans lesquelles cette libération soit intervenue. Encore moins le fait de savoir, comme l’affirme la radio suisse romande, si une rançon conséquente de vingt millions de dollars a été versée aux geôliers pour les « retourner » ou favoriser cette opération. Rien ne sert non plus de disserter sur la part active directement prise ou non par Nicolas Sarkozy dans ce dénouement. Ingrid Betancourt est de retour parmi les siens, c’est l’essentiel.
Deux réflexions toutefois pour accompagner la fin de cette tragique aventure. La première concerne l’attitude médiatique autour de l’événement. Le déferlement des couvertures, des reportages, des entretiens, des réactions recueillies ne peut entièrement s’expliquer par la nature de l’histoire d’Ingrid Betancourt. Mais plutôt par son contexte. La surréaction de la presse en dit long sur le sentiment d’impuissance qui caractérise les nouvelles du monde contemporain lorsqu’elles concernent les êtres humains. La libération de l’ex-otage des Farc est la rare bonne information de ces derniers mois en la matière. Cette annonce vise, par surcroît, une personne et s’oriente -enfin- dans le sens de l’éthique, de la rectitude et du droit. On comprend aisément que, dans ce domaine du bonheur où la norme devient tellement l’exception, son apparition isolée et inattendue rende légitime le fait d’y consacrer l’accent d’un triomphe. Cet emballement de la presse, nationale comme étrangère, concentre et révèle toutes les frustrations nourries des malheurs dont sont victimes les individus de la planète. Des économies chancelantes aux environnements en piteux état, du sort incertain des générations futures aux conditions immédiates de survie des populations actuelles, dans un monde où, pour plagier Jean Guitton, le temps des mauvaises nouvelles s’accélère, le flash sur la libération d’Ingrid Betancourt a constitué une halte bienveillante, un stop salvateur à même d’arrêter la course à la désespérance.
Deuxième idée : puisque l’irruption d’Ingrid Betancourt dans notre quotidien a provoqué un bénéfique sursaut et une bonne raison d’espérer, raison de plus pour ne pas s’arrêter en si bon chemin. Françaises ou étrangères, il y a tellement d’autres Ingrid Betancourt dans le monde et, n’en déplaise à celle qui fut reçue en grande pompe par Nicolas Sarkozy, pas seulement en Colombie ! Le Président français de l’Union en exercice doit donc montrer la même détermination pour le soldat franco-israélien Guilad Shalit, retenu maintenant depuis 2006 par les partisans du Hamas, dont le chef, Khaled Mechal, réside ordinairement à Damas. Et profiter de la venue à Paris -bon gré mal gré- du président Bachar El-Assad pour obtenir sa libération : celle-ci vaut bien une tribune officielle sur les Champs-Elysées. « Homme de conviction », le chef de l’Etat pourrait également profiter du Sommet du G8 qui se tient ces jours-ci à Sapporo au Japon pour demander au nouveau président russe de gracier Mikhäil Khodorkovski. Il imiterait ainsi le geste courageux de la Chancelière allemande Angela Merkel : celle-ci avait inscrit son cas au menu de ses premiers entretiens avec Dmitri Medvedev tandis que son ministre des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeir l’évoquait avec Iouri Schmidt, son avocat moscovite. Ni Français, ni Allemand, l’ancien patron de Ioukos, injustement emprisonné en Sibérie, devient aussi une forme de symbole dans ces droits de l’homme en pleine déliquescence. Sans parler des cyberdissidents chinois arrêtés, des prisonniers libanais disparus en Syrie...et tant d’autres encore.
L’accent mis sur le respect des droits de la personne ne saurait certes constituer une stratégie de compensation des catastrophes économiques. Mais les responsables politiques pourraient néanmoins s’enorgueillir, et l’ensemble des Français avec eux, d’avoir agi à la mesure de leur moyen : parmi tous les maux qui frappent l’humanité, ne pas se résoudre à abandonner le seul d’entre eux demeuré au fond de la jarre de Pandore : l’espérance.
Je ne suis pas loin d’être d’accord avec vous sur le fond, même si je pense qu’il ne faut pas céder à la tentation de faire un rapprochement hasardeux entre deux formes de souffrances et de prises d’otages certes, mais difficilement comparables.
Les média ont oeuvré et manoeuvré afin en effet d’"alimenter la machine à news" comme vous le dites, et j’ai hâte de connaître le nombre de parutions du magazine "ELLE" qui certainement va exploser ses records, édition Emmanuelle Beart y compris, de vente.
Cependant, une question : au-delà du conditionnement médiatique, n’est-ce pas un bien que pour une fois depuis des mois et des mois certains canards passent de "la crise économique nous tuera tous" à "l’extraordinaire libération de Bétancourt" ? Quitte à être assomés de gros titres, n’est-il pas heureux pour une fois que cela soit par quelque chose de positif ? Et en fin de compte, cela fait de mal à qui ? les gens ne sont-ils pas contents de se laissair émouvoir par une histoire au dénouement romanesque ?
Bien sûr, il est triste que la population doive attendre que les média lui serve sur un plateau une émotion évidente et impudique d’une femme qui retrouve ses enfants, et c’est cela que je regrette aujourd’hui : que l’émotion suscitée par le retour d’une inconnue soit plus grande que l’émotion saine et profonde que chacun est supposé connaître et ressentir dans sa propre vie privée.
La libération de madame Bétancourt est en soi un fait anecdotique ne concernant que la personne elle-même et son entourage. Le reste : pur matraquage médiatique que subissent des millions de lobotomisés devant leur télévision.
Il ne s’agit pas des funérailles de Hugo ici, juste d’une épopée médiatico-pseudo-politique, voire simplement mondaine. Un roman-feuilletons créé par de simples journalistes.
Les médias ont pris en otage des millions de gogos qu’ils ont captivés artificiellement avec leurs méthodes habituelles de manipulations des esprits. Grand matraquage des masses et messes-interviews larmoyantes sont là pour assurer un futur succés de librairie : les pigeons pas encore assez gavés de Bétancourt attendent le pavé relatant les six ans de sa captivité publié en centaines de milliers et juteux d’exemplaires.
Bref, un excellent coup d’édition que les petits Machiavels de la presse devaient préparer depuis longtemps. Une libération attendue, commercialement parlant, depuis des années. Plus sa captivité durait, plus elle prenait de la valeur en terme d’exploitation commerciale. En six ans le vin a bien vieilli, il n’en sera que meilleur en livre-star des supermarchés.
Ce sont les médias et les médias seuls qui avec patience et perversité ont fait entrer dans le crâne de qui le voulait bien des vérités unilatérales, uniformes, univoques et racoleuses. Ils ont réussi à faire croire à des millions de gens qui étaient au départ parfaitement étrangers à cette affaire que Madame Bétancourt était leur cousine, leur camarade de classe, leur voisine de palier.
Sous prétexte d’humanisme les "créateurs d’actualité" ou "décideurs d’événements" monopolisent un fait, le médiatisent à l’échelle mondiale pour mieux niveler les sensibilités, les opinions et finalement faire converger les vues vers un seul horizon : celui choisi par eux, les médias.
Fatalement vendeur.
Aujourd’hui Bétancourt, à qui le tour demain de servir de prétexte au "média-marketing" ?
La libération de madame Bétancourt est un soulagement, c’est incontestable. Mais uniquement pour les gens concernés : otages, familles, amis. Pas pour les Marcel Dupont se croyant investis d’une mission dupontesque largement orchestrée par les médias avides de pouvoir, d’actualités à leur avantage, de vision du monde à sens unique...
Je n’ai aucune haine, juste une rage saine contre les manitous de la manipulation médiatique qui ont l’art de créer des événements à la mesure de leur intérêts "mercantilo-ego-médiatiques".
Je refuse de me faire endoctriner par un groupe de prétendus journalistes-humanistes à la solde des marchands de lessive. Madame Bétancourt est une invention médiatique à but lucratif en sens large du terme : faire tourner la machine à "news".
L’exploitation éhontée de l’affaire Bétancourt fait bêler les populations dociles, détourne leur attention, leur faire penser à autre chose qu’à l’essentiel. Les journalistes sont des charognards prêts à toutes les manipulations pour se sentir exister, tirant profit des causes les plus "flatteuses" pour ennoblir la profession à bon compte.
Certains prétendent que c’est l’opinion publique qui a libéré l’otage...
Faux !
Et quand cela serait vrai, est-ce une raison suffisante pour prendre en otage des millions d’esprits à des fins strictement privées, artificiellement montées en affaire d’Etat ?
Cette prise d’otage est à l’origine une affaire policière et non politique. Ce sont les médias qui ont en fait une priorité nationale, réquisitionnant l’opinion à des fins journalistiques. Bref, tout ceci n’est rien qu’une opération médiatique parfaitement arbitraire, savamment ciblée pour servir les intérêts d’une corporation. Les français dupes, pauvres moutons conditionnés par les médias, se réjouissent de la libération de celle qui il y a six ans encore était une parfaite inconnue... Vaste mascarade ! On fait pleurnicher dans les HLM pour cette histoire mondaine pendant que le clochard du coin n’a droit à aucune attention médiatique, lui qui est pourtant pris en otage économique depuis, 10, 15, 20 ans par la société parfaitement indifférente sur son sort. Evidemment, Dédé Lacloche le SDF du quartier qui fait la manche à la sortie des magasins, c’est moins vendeur, moins romantique, moins à la mode que Ingrid Bétancourt, otage de "qualité, faire-valoir de la "pensée de référence" au visage bien photogénique et femme nécessairement "courageuse".
Bétancourt est un ex-otage télégénique beaucoup plus digne d’être reçu avec le tapis rouge.
Les médias, pervers, manichéens, sélectifs, ont fait insidieusement passer Bétancourt pour une héroïne par le simple fait de son statut d’otage. En six années d’habiles manoeuvres journalistiques quasi subliminales, le fait est établi dans les esprits.
A quand la légion d’honneur pour Bétancourt ?
(Attention, il n’est nullement question de remettre en cause la légitimité de la libération de l’otage mais de dénoncer la prise d’otage médiatique, subtile celle-là, de millions d’esprits inaptes à la critique pour mieux les instrumentaliser. Si le but est louable, le procédé est malhonnête, anti démocratique, définitivement immoral. D’ailleurs on prétend fort judicieusement que sans les médias, la captive aurait été libérée plus tôt. Effet pervers de l’écho médiatique de cette affaire : plus on parlait de l’otage, plus il prenait de la valeur entre les mains de ses geôliers...)
L’affaire Bétancourt est décidément un pur produit médiatique. Qu’on me laisse la liberté de ne pas penser selon les normes de cette "presse émotive".
Moi, je suis un bel esprit, autrement dit un lion. Et surtout pas un âne, encore moins un mouton.
Raphaël Zacharie de Izarra
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Mes détracteurs qualifient les hommes du FARC de méchants terroristes... Objectivement ils ne sont pas plus terroristes que les Résistants de la Seconde Guerre Mondiale, considérés eux aussi comme tels à l’époque par Vichy. Les hommes du FARC, même si ce sont des criminels, ont leurs raisons d’agir ainsi. Même si je n’approuve pas leurs méthodes, ils ont leur vérité et je peux comprendre que l’on puisse penser et agir à contre-courant des masses civilisées. Les états utilisent eux-mêmes les méthodes criminelles les plus ignobles pour maintenir leur légitimité de nantis et personne ne semble s’offusquer de la chose. La prolifération de la détention de l’arme atomique en est le meilleur exemple.
On qualifie les preneurs d’otages de terroristes. Derrière le mot TERRORISTE la réalité n’est pas toujours toute noire ou toute blanche.
Bref, le point de vue de mes contradicteurs n’est pas le leur mais celui instillé par les médias.
La presse demande à la population française de s’apitoyer sur le sort de Bétancourt et le peuple gagné d’avance par le discours des "gentils journalistes anti FARC" bêle en choeur ! Les médias auraient demandé de mobiliser la sensibilité nationale pour Dédé Lacloche le SDF du coin, aujourd’hui l’opinion publique ne jurerait que par Dédé Lacloche...
A partir du moment où la population dans son ensemble suit l’ornière des sentiments médiatiques, plus de place à l’esprit critique ! La prochaine étape de "l’émotion civique" consistera à acheter le livre-témoignage de la maintenant "très courageuse" et surtout si télégénique ex-captive...
Je n’ai rien contre la personne de madame Bétancourt. Je me sens juste offensé par l’outrance médiatique consistant à transformer des victimes en héros malgré eux du simple fait qu’ils ont été pris en otage. Ne confondons pas courage avec le simple état de captif-passif. Un otage ne peut rien faire d’autre que subir. Ce n’est pas du courage, c’est juste de l’immobilité forcée.
Le reste n’est que "romantisme médiatique" et fumée télévisuelle pour citadins pleins d’éphémère sensiblerie.
Pour en revenir à Dédé Lacloche qui semble décidément n’intéresser aucune de ces belles âmes réglées sur les mouvements de la baguette médiatique servant une musique bien sucrée, certes il n’est pas photogénique, certes il pue, certes il bredouille quand il a bu et qu’il fait la manche au coin de vos rues. Aucun caméraman ne fait de gros plans sur sa face rougeaude et pourtant il est là tous les jours, toujours otage de notre système terroriste économique particulièrement injuste, lui et des milliers d’autres. Dédé est à portée de caméra et pourtant aucune ne prend la peine de faire un scoop sur lui. Madame Bétancourt a une réelle valeur médiatique, pas le clochard du coin dont la solitude, la souffrance, la détresse sont parfois pires et plus durables que celles endurées par "l’illustre otage" lors de sa captivité.
Ce sont les médias qui ont choisi pour vous votre sujet d’émoi du jour : ils ne sont pas bêtes les médias, ils préfèrent servir de la Bétancourt plutôt que du Dédé, c’est beaucoup plus fédérateur.
Et pendant que les caméras braquées sur Bétancourt pour servir au peuple (artificiellement réjouit par la liberté retrouvée d’une pseudo-connaissance) sa dose de "news" sucrées à la gloire de "l’héroïne nationale", pendant ce temps-là Dédé Lacloche n’existe toujours pas, médiatiquement parlant. Il est pourtant sous nos yeux mais il n’a aucune valeur en terme d’image. Juste bon pour alimenter minablement les journaux de rues vendus par les SDF.
Beau travail messieurs les journalistes ! Un peuple entier lobotomisé en six années de savantes manoeuvres subliminales...
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Les médias s’accaparent l’honneur d’avoir fait libérer l’otage.
Comme le pensent certains, il est en fait très probable qu’elle aurait été libérée depuis lontgtemps si on avait laissé agir les forces diplomatiques dans l’ombre.
L’illusion médiatique fonctionne à merveille : tous pensent que la libération de la captive est à mettre sur le compte des journalistes. Le silence est d’or dit-on. Moi je suis persuadé que le silence diplomatique aurait été plus efficace que le fracas de la presse.
Evidemment, tout est orchestré de manière à donner l’impression que ce sont les trompettes médiatiques qui ont rendu sa liberté à Bétancourt : shows télévisés sur shows télévisés, tapis rouges et sourires présidentiels sont là pour faire écran.
Les médias n’ont fait que retarder sa libération mais qu’importe, tout fonctionne sur le modèle illusoire : ainsi ils décrètent que le soleil se lèvera à telle heure sous leur seule volonté et miracle, le soleil se lève effectivement à l’heure indiquée par les médias...
Conclusion spécieuse des sots : c’est grâce aux médias que l’astre brille !
Raphaël Zacharie de Izarra
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Mon point de vue personnel sur cette affaire est simple, sain, net : l’otage a été libéré, point final.
Le reste est du domaine de sa vie privée.
Malheureusement des prétendus journalistes exploitent sans retenue le filon "Bétancourt" jusqu’à l’obscénité la plus totale : gros plan sur son visage pour traquer chaque expression émotive, commentaires oiseux à effet sensationnaliste sur les plus insignifiants détails (commentaires sur la porte de l’avion qui s’ouvre, sur la cadence de sa respiration de "notre héroïne", sur sa tenue vestimentaire, sur sa visite médicale, etc.).
De l’information ? Non, du lavage de cerveau, du spectacle obscène et racoleur, de la pornographie journalistique, du sur-abêtissement d’un peuple visiblement friand de ces granulés médiatiques d’engraissement accéléré des esprits.
Raphaël Zacharie de Izarra raphael.de-izarra@wanadoo.fr 2, Escalier de la Grande Poterne 72000 Le Mans France Téléphone : 02 43 80 42 98
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