La proposition formulée par une soixantaine de députés, de gauche comme de droite, de créer une Commission d’enquête parlementaire sur le « port de la burqa » possède le mérite de poser le problème. Elle est loin de pouvoir le résoudre. Envisager de légiférer sur la question ne constituerait en effet qu’un pis-aller : ce sont aux raisons et aux mécanismes qui motivent -voire obligent- une femme à porter ce voile intégral sur le territoire français qu’il conviendrait de réfléchir. « L’ampleur du phénomène » qui inquiète tant les élus, décidés à y remédier au nom de la « laïcité », ne doit pas masquer sa puissante signification psychologique : un désir de structuration mentale contenu dans la contrainte vestimentaire, motif souvent invoqué par des françaises fraîchement converties à l’islam, et un déficit narcissique de l’être moderne toujours attiré par l’offre compensatoire d’un absolu identitaire. C’est en ce sens, on l’espère, que Dalil Boubakeur a pu parler d’une « marque culturelle » des femmes qui ne se sentaient pas « généralement forcées » de revêtir la burqa. Encore faut-il s’interroger sur le « forçage » indirect d’un prosélytisme salafiste radical qui prétend combler l’incapacité des idéaux et des symboles républicains à fournir les repères fondamentaux d’une société.
Signe des temps, le débat jette la « discorde » au sein même du gouvernement : Luc Chatel retient la possibilité de « légiférer » sur cette pratique religieuse alors qu’Eric Besson juge cette éventualité « inefficace ». Rama Yade ne serait « pas contre » une loi tandis que Fadela Amara se dit « favorable à une interdiction totale ». A l’image de tous les dossiers qui abordent l’islam, cette « Fitna » traverse également les milieux musulmans. Le Conseil Français du Culte Musulman se dit « fermement opposé » à la mise en place de cette Commission d’enquête. Interrogé sur ce thème, Marouane Boulouednine, Conseiller municipal niçois et Président de « Mosaïc », la « Fédération laïque des citoyens de sensibilité musulmane » pourtant destinée à parler « au nom de cette majorité silencieuse de 5 à 6 millions de musulmans français », dit « refuser l’alternative entre la perte d’identité et le tout religieux ». Il n’a toutefois pas souhaité s’exprimer précisément sur ce sujet, probablement jugé trop sensible. De son côté, Azzédine Bouamama, industriel cannois engagé dans la création d’une instance fédérative nationale regroupant plusieurs associations locales, ne souhaite pas rester silencieux sur « le dictat d’une minorité de salafistes agressifs, haineux, obtus et de despotes organisés comme une secte ». « Favorable à une législation », il estime qu’une « majorité de femmes subit le joug, la terreur, la violence matriarcale ou patriarcale » précisant que le « rôle de [notre] République laïque est de protéger ses citoyens ».
Si la Mosquée de Paris et le Conseil Français du Culte Musulman s’occupent essentiellement des problèmes « cultuels », la question de la création d’une instance musulmane laïque, interlocutrice plus politique et culturelle des autorités françaises, se pose avec encore plus d’acuité. A condition de savoir qui fait quoi. Alors que Marouane Boulouednine vient de lancer le 12 juin dernier sa Fédération « Mosaïc » en se réclamant d’un « soutien total » de la part de Claude Guéant, le Secrétaire général de l’Elysée, Azzédine Bouamama poursuit des négociations avancées avec la sous-Préfète Malika Benlarbi -une personnalité issue de l’immigration et largement ministrable dans un prochain remaniement-, chargée par l’Elysée de suivre cet épineux dossier. Des négociations destinées à mettre en place une « Fondation », fédérant sur tout le territoire national les différentes initiatives locales en la matière.
Ce pluralisme d’initiatives et d’influences entremêlées ne facilite pas toujours la lisibilité et la compréhension de l’orientation que les pouvoirs publics entendent donner à leur action. L’absence notable des représentants du ministère de l’intérieur -et des cultes- à la récente conférence des « Imams de France » -pourtant formés au sein de l’Institut catholique de Paris à la demande de la République- et à laquelle assistaient le Président du Crif et le grand Rabbin de Paris, est ainsi incompréhensible pour le profane, musulman ou non.
Au-delà de son intervention devant le Congrès sur ce thème, le chef de l’Etat pourrait saisir cette occasion pour lancer un « chantier » sur les moyens de promouvoir et d’institutionnaliser cette « laïcité musulmane ». Une opportunité à même d’éclairer les Français sur sa propre conception de la Loi de 1905.
tout le monde parle au nom des principaux intéressées c a d les femmes qui portent la burka je me demande, est ce qu’on est en démocratie ou en dictature de l’intellectuel blanc qui prétend réagir pour le bien fait des autres. Pour interdire le foulard on fait appel a la laïcité, et pour interdire la burka on fait appel au manque d’intégration, qui n’est pas un crime à ce que je sache.
Ces agissements sont le fruit d’un sentiment islamophobe décoré avec des mots comme integration et laïcité.
Je pense qu’il faut étendre l’interdiction légale des signes religieux : d’abord parce qu’à de rarissimes exceptions près, les musulmanes, quoi qu’elles en disent, n’ont pas choisi de les porter, a fortiori la burka : elles ont été conditionnées dès l’enfance à la soumission, au point même d’être convaincues, en l’absence d’alternatives non aliénantes, qu’elles ont choisi librement cette soumission ! Les musulmans radicaux et phallocrates qui, à la suite d’une loi interdisant la burka et le niqab dans l’espace public, confineraient leur femme chez eux seraient évidemment coupables de séquestration. Il faut qu’ils le sachent ...
Ces musulmans-là, totalement soumis au coran et même à ce qui ne s’y trouve pas, spéculent évidemment sur notre conception voltairienne de la tolérance, ainsi que sur le laxisme et l’opportunisme électoral de certains politiciens. A commencer par celui de Nicolas SARKOZY, incapable, en plus, de s’affranchir, malgré son devoir de réserve, des traces que son éducation religieuse a laissées dans son cerveau émotionnel : elles ont anesthésié son cerveau rationnel et son esprit critique, dès qu’il est question de religion. Il continuera donc à détricoter la loi de 1905.
A ce rythme, je crains que, d’ici une génération, nous soyons en présence d’une majorité démocratique régie par la charia ... Il est plus que temps de repenser les limites de notre tolérance et de promouvoir une laïcité, non plus seulement politique mais aussi philosophique, dans le but de mettre en place préventivement un système éducatif permettant de choisir, aussi librement que possible, de croire ou de ne pas croire. Sans cela, les « libertés de conscience et de religion », pourtant constitutionnelles, continueront d’ être plus symboliques qu’effectives. C’est du moins mon avis.
Michel THYS Waterloo.
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