En dépit de l’interminable coupure de courant qui a plongé dans le noir l’un des salons de l’Hôtel Carlton à Cannes, au point d’interroger certains des invités sur la symbolique judaïque de l’incident, la Ministre de la Justice Rachida Dati a certainement apprécié ce moment de réconfort après une éprouvante journée passée dans le sud de la France à tenter de convaincre des élus locaux plutôt récalcitrants du bien-fondé de sa réforme sur la carte judiciaire. Invitée du dîner annuel du CRIF Sud-Est, le Conseil Représentatif des Institutions juives de France, la Garde des Sceaux a conservé son éternel sourire lui faisant pardonner - la justice est clémente - son heure de retard. Sur un thème consacré aux « femmes d’action et de conviction », cette soirée exceptionnelle signait également le départ de sa présidente Martine Ouaknine, désormais membre des instances nationales de l’organisation et certainement appelée à de hautes responsabilités dans un futur proche.
Après avoir décrit la « situation incompréhensible » qui prévalait au début de son mandat, l’avocate Martine Ouaknine s’est félicité, dans son intervention de bienvenue, des effets positifs de la mobilisation des différents acteurs nationaux, au point aujourd’hui de pouvoir gratifier « la France de modèle dans la lutte contre l’antisémitisme », avec une « diminution notable des actes » et des violences à l’encontre des Juifs. Devant un impressionnant parterre d’élus locaux, de représentants de la justice et des cultes, la Présidente du CRIF Sud-Est n’a pourtant pas fait preuve d’un optimisme démesuré. « En aucun cas », a-t-elle expliqué, « nous ne devons et ne pouvons relâcher nos efforts car un seul acte antisémite » demeure « moralement inacceptable » et le « symptôme d’une crise démocratique ». Il convient donc de « consolider le tissus national » et d’« éviter que la crise du Proche Orient ne devienne un alibi pour des jeunes issus de l’immigration », trop souvent enclins à rechercher des causes identitaires à l’extérieur. Grande réussite, il est vrai, de Martine Ouaknine, à laquelle elle a clairement associé Christian Estrosi, Président du Conseil Général des Alpes-Maritimes et désormais candidat déclaré à la Mairie de Nice : l’organisation de visites pour des centaines de collégiens niçois des camps d’extermination d’Auschwitz. Travail de mémoire partagé qui devrait se prolonger par la participation prochaine de jeunes Juifs et Musulmans de la région à un voyage similaire dans le but de construire la confiance. À l’image d’une anecdote racontée par un Rabbin du quartier des musiciens de Nice avant le dîner : il affirme avoir un jour été prévenu par l’un des représentants de l’Islam, de la présence d’un inconnu suspect aux yeux de l’une comme de l’autre des deux communautés.
Si elle a terminé sur une note d’espoir, Martine Ouaknine n’en a pas moins auparavant fustigé, dans une mention spéciale, le comportement de la République Islamique d’Iran. Dénonçant les « atteintes à la liberté de la presse dans ce pays », le dogmatisme religieux d’un régime « obsédé à fabriquer des bons musulmans » et les déclarations provocatrices du président Ahmadinejad à l’égard d’Israël, elle a pointé les risques de « remise en cause de l’équilibre mondial si l’Iran devenait une puissance nucléaire ». Elle s’est toutefois félicité que la France, sous l’impulsion d’un « changements salutaire de Nicolas Sarkozy » soit désormais « disposée à passer à une phase de sanctions en dehors de l’ONU ».
On notera d’ailleurs que, malgré le thème central du dîner, le sujet de l’Iran fut également repris dans l’intervention de Christian Estrosi puis, plus étrangement, dans le discours prononcé par Rachida Dati. En qualifiant la négation de la Shoah « d’infamie politique et d’ignominie intellectuelle », le Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer a comparé l’Iran des mollahs au régime hitlérien en évoquant la situation de « 1938 » et en appelant à « refuser la solution de facilité », « pire », selon lui, que celle qui consiste à « fermer les yeux ». On n’agirait pas autrement pour préparer l’opinion publique à une détérioration de la situation, voire un conflit avec l’Iran.
La Garde des Sceaux a, elle aussi, consacré un court passage de son discours à l’Iran, insistant à l’inverse des deux conférenciers précédents, sur « la paix, produit du multilatéralisme » expliquant que nul pays ne pouvait « seul imposer sa loi au monde ». D’où l’importance, selon elle, du projet présidentiel d’Union de la Méditerranée, « une chance à saisir pour la paix au Proche-Orient ». En dépit de son évidente fatigue - « elle s’est levée à cinq heures du matin » explique discrètement un de ses efficaces conseillers, Rachida Dati a développé un discours personnalisé : incarnant la « preuve que la France sait valoriser ses différences », la Garde des Sceaux a su montrer son « lien particulier avec la communauté juive », notamment en évoquant le « quartier juif espagnol de St Eugène à Oran » où sa mère avait vécu.
Puisant chez Ernest Renan de nombreuses références au « sentiment d’appartenance » et au « vivre ensemble » dont la justice est « garante en démocratie », elle n’en a pas moins conservé la tonalité « répressive » de son approche ministérielle, plaçant au coeur de son action « la lutte contre les discriminations et les violences commises en raison de la religion ainsi que la mise en place d’un service d’assistance au recouvrement des victimes de ces infractions ». Dans chaque tribunal d’instance, un juge délégué aux victimes aura ainsi pour charge la protection de leurs droits.
Une fois terminé son discours officiel, probablement mise en confiance par l’accueil chaleureux reçu, Rachida Dati a repris la parole pour parler avec une authentique émotion de sa mère et de l’ambiance de son enfance que lui rappelait cette soirée. Réaction immédiate de la salle touchée au vif par cette confidence sussurée d’une voix éteinte, la Ministre de la justice fut longuement saluée par une « ovation debout . « C’est souvent comme cela », pouvait conclure l’un de ses collaborateurs : « les Députés ou les élus locaux s’emportent contre elle mais après l’avoir rencontrée, ils veulent tous être pris en photo avec elle ».
Photos : Dan Sebban
La menace iranienne , je suis ptdr menace pour qui ? le CRIF est pour la france ou pour israel ?
Les politiques sont des " merdes" faire allegeance chaque année à cette mafia et lobby du CRIF qui est plus un parti politique israelien qu’une association juive française. A ce jour les politique et le crif se trompent, le crif vient nous dire ce que le gouvernement doit faire et pensé. Dieudonné avait bien raison ," devant israel , ils baissent leurs frocs" le crif , le likoud france , le betar , un jour tout ça faudra rendre des comptes.
Imaginez un diner pour le Liban organiser par le Hamas ou le Hezbollah , et bien un jour ça arrivera à Nice Suivez l’actualité
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