Grâce à des repères visuels indiqué par son aîné : « là, tu laisses deux touches, et après tu fais un accord. » Ses premiers morceaux de piano et quelques quatre mains suivent. Tout comme ses premières compositions, « juste pour m’amuser. » Au bout de quelques années à ce rythme, Steve décide, poussé par son père, de travailler sérieusement le piano. Il prend des cours, puis passe trois années au Conservatoire de musique de Nice, où on lui donne également des cours d’harmonie. « Cela m’a permis de mettre des mots sur des principes que j’utilisais déjà dans la composition ».
À 18 ans, bac ventes actions marchandes en poche, il décide de tenter sa chance dans le milieu de la musique. Quelques mois plus tard, il voit un pianiste jouer dans les rues du Vieux-Nice. « Il jouait surtout de la variété, par exemple La bohème. Je me suis dit que je pourrais en faire de même avez mes morceaux. » Le temps de convaincre son père, qui ne veut pas voir le piano familial dans la rue, et Steve Villa-Massone connaît rapidement un certain succès. Son jeu très démonstratif en est l’une des causes : ses mains sautent véritablement des notes aigues vers les graves, il se dresse pour appuyer un accord. Plus encore que son agilité ou son talent au clavier, c’est son enthousiasme qui le fait remarquer. Aux dires de Steve, la rue est une très bonne école pour un artiste : « c’est là que l’on voit si l’on plaît et si l’on est bon, ou non. » Pour lui, le résultat est très encourageant. Dès qu’une personne s’arrête de marcher pour l’écouter, le pari est gagné pour Steve. « Là, j’ai réussi à toucher les gens avec ma musique. »
Cela fait maintenant sept ans que Steve Villa-Massone joue dans les rues de Nice. Son territoire de prédilection ? En ce moment, ce serait plutôt les arcades de la place Masséna. Il reconnaît la préférer au Vieux-Nice, car « elle offre un espace énorme ». Peut-être aussi parce qu’elle est un lieu de passage privilégié pour les touristes. Tout comme la Promenade des Anglais, où il s’installe en été.
Son art ne se limite toutefois pas à ce qu’il a composé. Steve est fier de présenter une formation classique. « Je dois aussi savoir jouer des pièces classiques, si un touriste me demande de jouer un morceau précis. Alors je travaille le répertoire de Mozart, Beethoven ou Chopin. Mais il est très difficile de percer en jouant du classique : vous êtes mis en concurrence avec de véritables génies », regrette-t-il. Il est tout de même sollicité de temps en temps par le Conseil général ou la mairie de Nice pour jouer en public. « J’ai joué au TNN (théâtre national de Nice), où j’ai accompagné des pièces mises en scène par Sophie Duez. Je suis resté en contact avec le théâtre. Et depuis deux ans, on me donne l’opportunité de jouer à C’est pas classique », annonce-t-il fièrement. Mais avec « deux ou trois contrats par trimestre », Steve Villa-Massone ne peut pas vivre de ses concerts. Car c’est là que le bât blesse : n’ayant pas d’agent, il peine à gérer lui-même sa carrière. Il aimerait obtenir le statut d’intermittent du spectacle, faire des tournées et vivre de ses concerts. Son remède : une patience à toutes épreuves. « Je me laisse jusqu’à 35-40 ans pour que ça marche », reconnaît-il. Et ce qui est sûr, c’est qu’il continuera à jouer dans les rues de Nice, pour le plaisir, quelque soit sa renommée.
j’ai entendu ce jeune homme joué du piano au Festival d’Avignon le dimanche 27 juillet, c’était merveilleux, un pur moment de bonheur, merci de m’avoir fait vibrer, je vais a nice fin août et j’espère bien le retrouver afin de l’écouter a nouveau.
marie
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