Communiqué des Professeurs de Philosophie de l’Académie de Nice

Jamais l’enseignement philosophique n’a été aussi demandé et attendu par la société, et pourtant jamais il n’a fait l’objet d’attaques comparables à celles qu’il va subir dès la rentrée prochaine.

D’un côté on entend dire qu’il faut plus de philosophie à l’école, de l’autre on constate qu’en réalité on va supprimer les moyens nécessaires à un enseignement philosophique digne de ce nom.

Constatant l’aggravation des conditions d’enseignement de la philosophie dans les lycées de l’académie de Nice occasionnée par l’application aux classes terminales de la réforme des lycées dès la rentrée de septembre 2012 ;

considérant le préjudice occasionné à l’instruction des élèves par cette application, l’AG-PPN a adopté deux motions lors de sa réunion du 29 juin 2012.

La première motion, adoptée à l’unanimité, dénonce la mise en oeuvre de la réforme des lycées, qui conduit à une concurrence entre les disciplines et entre les équipes pédagogiques.
Cette réforme donne une autonomie aux établissements, mais supprime en même temps les moyens de la mettre en oeuvre, ce qui occasionne des coupes sombres dans certains enseignements au profit d’autres, sous la seule autorité du chef d’établissement, qui justifie ses choix (en définitive arbitraires) par les moyens qu’on lui donne. Cette situation induit des disparités intolérables dans la continuité et l’équité du service public d’éducation.
L’enseignement de la philosophie a été lourdement sanctionné par ce dispositif discriminatoire dans l’académie de Nice comme partout ailleurs en France, ce qui se traduit par une suppression massive des dédoublements d’une heure d’enseignement dans les séries S et STI dès la rentrée 2012, dans les autres séries technologiques à la rentrée
2013. Concrètement, cela signifie que l’enseignement de la Philosophie ne se fera plus dans la plupart des cas qu’en classe entière, au préjudice des conditions d’étude des élèves.

L’AG-PPN tient à alerter le public, les élèves et leurs familles, sur le fait que le nombre de classes et d’élèves dont peut s’occuper un professeur de philosophie, pourra varier du simple au double (de 4 à 8 classes, de 140 à 280 élèves) selon les établissements, que ces
conditions d’enseignement sont non seulement insupportables pour les enseignants, mais préjudiciables aux élèves, et sources d’iniquité scolaire flagrante.

La seconde motion, adoptée à la majorité, appuyant la première et destinée à exprimer la détermination des personnels d’enseignement de la philosophie, décide de ne pas rentrer les notes de philosophie de la session du baccalauréat des séries générales et technologiques 2012 pour la date limite officiellement fixée le mardi 3 juillet 2012 à
10h00. Cette motion, largement discutée, a pour fonction d’alerter les autorités hiérarchiques sur la détermination des mandants.

L’AG-PPN, dans ses discussions, a accueilli favorablement les annonces du nouveau gouvernement concernant la politique d’éducation de la nation, le rétablissement de l’équité scolaire et l’intention de véritables réformes structurelles favorables aux missions de l’institution. Elle est consciente que ces rétablissements ne pourront s’effectuer du jour au
lendemain, mais tient à alerter les autorités sur la forte dégradation des conditions d’éducation dans le pays et sollicite une amélioration des conditions dès la rentrée 2012.

Les professeurs de philosophie de l’académie de Nice, convaincus de la légitimité de leurs requêtes, s’engagent à défendre résolument leurs revendications dans les semaines et les mois à venir.
Dans cette intention, et dans l’espoir d’un règlement diligent, les professeurs de l’AGPPN ont demandé audience aux autorités administratives et pédagogiques de l’académie, afin d’exposer clairement et posément leurs inquiétudes et de négocier les aménagements immédiatement disponibles dans l’académie de Nice pour rétablir l’équité scolaire et les conditions d’enseignement qui la favorisent.

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