La "bataille" d’influence entre les organisations du culte musulman

À l’occasion de la fin du ramadan, les membres du Rassemblement des Imams des Alpes-Maritimes (RIAM) ont été reçus à la Villa Massena par Christian Estrosi, et Philippe Pradal, maire de Nice. Tous deux en ont profité pour rappeler leur soutien à l’association qu’ils considèrent en phase avec les lois de la République.

Philippe Pradal a introduit la séance en rappelant que « la deuxième religion de France (l’islam) devait être respectée. » avant de laisser la place à son prédécesseur, Christian Estrosi qui a qualifié les imams présents de « pionniers. », car pour lui cette association fait preuve de « pédagogie, qui est un outil de paix au sein de notre société. »

En rappelant les valeurs de la République et notamment de la laïcité : « Il n’y a pas de place en France pour un financement des cultes étrangers, que ce soit le catholicisme, le protestantisme, le judaïsme, ou l’islam », il en a également profité pour tacler la droite la plus extrême : « les fascistes sont des puritains qui tentent de se saisir des âmes. Je veux avancer avec vous (le RIAM) dans la voie du respect, et n’accepte pas ceux qui voudraient vous salir. À Nice, une minorité ont choisi d’être en contradiction avec la collectivité. »

Sa conclusion rime avec le reste de son discours. Le RIAM permet aux musulmans d’exercer leur culte, dans le respect des règles de la République, « il n’y a aujourd’hui plus de prières de rue, c’est grâce à vous. »

En cette fin du ramadan, Othmane Aissaoui, président de l’Union des Musulmans des Alpes-Maritimes (UMAM) et du RIAM, a tenu avant tout à remercier le soutien exprimé par le maire et le président de la région : « C’était un mois très chargé pour nous. Le signe du ciel est venu de vous, de la présidence de la région et de la mairie. »

Il a rappelé que « pour tous ceux d’entre nous, musulmans, catholiques, juifs, protestants, athées, l’année passée a été très difficile à encaisser. » Avant de clarifier les objectifs de son association dont il est le président : « Ici notre projet est d’installer une référence théologique de l’islam en France. Rester dans une continuité qu’on a démarré en 2007. »

Il a grandement souligné également le fait que cette association resterait « apolitique » et qu’aucune réelle pression ne pourrait les entraver dans leur travail.

La conférence s’est conclue sur une prière musulmane improvisée par les vingt imams présents pour souhaiter l’Aïd Mabrouk à tous.

Thibault Bourru

Appelé indirectement en cause par les propos de Christian Estrosi, le représentant du FN à Nice et conseiller régional Philippe Vardon a réagi avec sa verve habituelle :

"Il ne s’agit pas réellement d’un grand bouleversement puisque ces deux représentants religieux sont des partenaires de longue date, et qu’on peut même affirmer qu’ils forment un trio avec un troisième homme : Christian Estrosi, lequel s’appuie sur eux depuis des années.

Ce Rassemblement des imams des Alpes-Maritimes ne fait que confirmer, et étendre, l’influence politico-religieuse de l’UOIF dans notre département. La majorité des imams, et donc des mosquées, ayant annoncé leur ralliement sont déjà affiliés à cette organisation islamiste ou proches d’elle.

Comme l’ont très justement fait remarquer certains observateurs, il s’agit avant tout d’une initiative politique, énième épisode d’une lutte d’influence, destinée à concurrencer le Conseil des imams des Alpes-Maritimes, soutien de la mosquée En-Nour".

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