Migrants : le feuilleton de la Roya continue

"Protéger les migrants est un impératif moral" , c'est le Pape François qui le proclame à l'occasion de la Journée des migrants et réfugiés. S'il faut critiquer la politique de l'autruche du gouvernement français qui se défausse de ses engagements internationaux, pense de s'en sortir avec une législation administrative ( distinguo entre droit d'asile et réfugiés économiques*) et un contrôle policier des frontières qui se révèle une passoire, que dire de certaines associations qui ont pris le plis de la starisation au nom de l'humanitaire ? Le Gandhi de la Roya en est l'exemple : il est tous les jours à l'affût de l'occasion pour finir sur les journaux ( encore mieux à la télé). Son objectif réel est de finir en prison pour jouer les victimes et ainsi compléter le parcours de sa "béatification" . En attendant quoi ? être candidat à une élection ? Enfin, il est si compliqué de mettre en place une politique d'accueil digne de ce nom et à la hauteur de cette émergence pour éviter que , dans ce vide, des funambules s'emparent de la scène au nom des principes moraux qui servent de prétexte à leur seule notoriété ? Le drame humain de migrants mérite mieux que ce ping-pong entre des autorités autistes et des protagonistes imbus d'eux-mêmes !

La semaine dernière...

Cédric Herrou a été mis en garde à vue puis mis en examen pour « aide à l’entrée et a la circulation de personnes en situation irrégulière » alors qu’il suivait des demandeurs d’asile comme en train jusqu’en gare de Cannes afin d’être témoin d’éventuelles interpellations illégales et violations de leur droit.

Le collectif CRS dont fait partie Cédric avait pour projet de réaliser un film documentaire retraçant le parcours chaotique d’un demandeur d’asile dans les Alpes-Maritimes.

Ce projet a du être précipité à cause de l’arrestation de Cédric. Le présent film a été tourné en caméra cachée avec des téléphones portables et des caméras professionnelles.

Il démontre les violations des droits des demandeurs d’asile qui se sont vues interpeller et reconduits à la frontière au mépris de leurs statut de demandeur d’asile, sans examen de leur demande, sans accès à des interprètes ni à leurs avocats.

Hier...

Le préfet entrave l accès au droit de 11 demandeurs d asile, les mène à la PAF Menton pour les reconduire en Italie depuis Breil sur roya. Tous on mandaté un avocat.

Parmi eux :

- Haroun, tchadien, a déjà eu son rendez vous à la pada forum réfugiés et devait se rendre à la préfecture mardi. Privé de liberté durant près de 20h, il avait pourtant un avocat mais la police l a empêché d’accéder à son client.

- 4 éthiopiens qui s’étaient rendus avant hier en gendarmerie de Breil sur Roya pour témoigner d’un réseau de passeurs à Vintimille. S’ils sont reconduits en Italie leur vie est en danger. En leur qualité de témoin l’Etat français leur doit protection. Ils avaient déposé leur demande d’aide auprès de la gendarmerie de Breil sur Roya.

On attend prochain...

*Cette catégorisation simpliste ignore la complexité des motifs de départ souvent entremêlés. Le tri proposé entre « réfugiés politiques » et « migrants économiques » est en contradiction avec l’annonce d’une volonté de lutter contre les actes de rejet.
Et l’hypothèse de la création de centres en Libye, qui n’a signé ni la Convention de Genève sur les réfugiés, ni aucun autre traité international de protection des droits humains, apparaît à la fois choquante et irréaliste. Dans ce pays, les personnes migrantes sont quotidiennement les victimes de traitements indignes et de violences. Ce n’est sûrement pas en délocalisant la procédure en dehors de son territoire que la France prendrait ses responsabilités.

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