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Box-office : Lola de Brillante Mendoza

[ Renato Ferrari - Nice Premium ] • 20|05|2010 • Mis à jour le : 20/05/2010 • Réagissez !

Le cinéma philippin présente un ouvrage de grand réalisme et sensibilité humaine. L’histoire est assez simple : la grand-mère (lola en langue tagalog, celle qui est parlée aux Philippines) d’un jeune tueur et celle de sa victime mènent des combats paralléles dans les bidonvilles de Manille. Elles sont confrontées à un drame commun.


Box-office : Lola de Brillante Mendoza

L’une, Lola Sepa, vient de perdre son petit-fils tué par un voleur de téléphone portable ; l’autre, Lola Puring, est la grand-mère du jeune assassin en attente de son procés. L’une a besoin d’argent pour offrir des funérailles à son petit-fils tandis que l’autre va tout faire pour sortir son propre petit-fils de la prison.

Déambulant dans les rues de la ville, elles luttent infatigablement pour le salut de leurs familles respéctives. Deux chemins qui se croisent mais qui restent étranger l’un pour l’autre, sans état d’âme. Seul compte pour les deux protagonistes le résultat.

Sans haine, ni rancune du coté de la famille de la victime et sans repentissement, ni douleur pour celle du meurtrier. Mais en dépit de tous les obstacles, elles parviendront à leurs fins nous immergeant , sans manicheïsme, ni commisération, au sein de cette extrême pauvreté avec une dignité sans faille.

Toutes acceptant ce destin comme inéluctable et avec pour seul sentiment qu’il faut continuer à vivre, voir à survivre. Toute la beauté de ’Lola’, à l’image de la scène de la bougie, est d’illuminer avec une simple flamme minuscule et vacillante cette vie pleine de détresse. Le film est un curieux mélodrame d’un peuple que tout accable mais qui reste toujours digne comme dans la trés belle procession funeraire sur les eaux.

Brillante Mendoza, l’un des cinéastes contemporains les plus doués de sa génération, a voulu mettre en evidence la cohabitation entre modernité (les téléphones portables) et la tradition (les funérailles) dans les rapports sociaux au sein des couches les plus demunies de la population de Manille (mais le film aurait pu bien se passer dans n’importe quelle ville du tiers-monde).

Avec un regard tout particulier vers cette économie sociale, du "bas de la pyramide" comme les économistes appellent ce mélange de petite criminalité, de marché de la rue, de geste de solidarité, de troc et de prêt sur gage qui permet aux plus pauvres et demunis de continuer à vivre méme dans des conditions trés difficiles.

En ce sens, le film pourrait rester dans les mémoires comme un traité de sociologie et c’est pour cela que il faut lui attribuer la belle critique qu’il mérite.



Par Renato Ferrari - Nice Premium


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