Antibes : Le prix Jacques Audiberti à Daniel Rondeau

Le prix Jacques Audiberti a été créé en 1989, pour récompenser un écrivain dont l’œuvre s’inspire de la Méditerranée.

Jacques Audiberti était un poète, écrivain et dramaturge français, né à Antibes le 25 mars 1899 et mort à Paris en 1965. La villa Eilenroc au cap d’Antibes est l’habituel écrin de ce rendez-vous littéraire.

Cette année, pour sa 26° édition, Daniel Rondeau en est le lauréat.

Cet écrivain, journaliste et diplomate recevait donc, ce vendredi 13 novembre, sa récompense devant un parterre de journalistes et sous la présidence de Monsieur Jean Leonetti, député maire d’Antibes, et de Monsieur Didier Van Cauwelaert, président du jury du prix Jacques Audiberti.

Ce dernier évoquait la vie, l’œuvre et les péripéties de cet écrivain qui par certains côtés ferait songer à Jean Raspail avec ses aventures dont celle de cette croisière en Méditerranée, croisière qui ne s’amuse pas, mais découvre l’autre. En Libye avec des étudiants Daniel Rondeau évoquera Albert Camus, un autre écrivain entier et passionné.

Didier Van Cauwelaert concluait son hommage au récipiendaire par une formule, laquelle se trouve être d’actualité dans ce monde individualiste et égoïste : « On ressent une grande fraternité à travers l’œuvre de Daniel Rondeau. » Daniel Rondeau en une phrase résume sa destinée : « Enfant, ma seule vocation : être écrivain. »

L’auteur évoque sa formation à l’usine, là où il a appris la vie et découvre cette faculté, innée chez lui, de s’adapter aux autres, à des gens différents. « Je m’accorde avec les autres ! » L’écrivain parle de lui, c’est un exercice difficile et il réussit à éviter les deux écueils des autoportraits : être Narcisse ou être modeste.

Il a été Ambassadeur à Malte, un porte-avion au milieu de la mer, comme il définit cette île pas vraiment comme les autres. Avec l’aide de l’amirauté dont son chef l’Amiral Forestier, il organise un périple en Méditerranée, 16 jours dont chaque étape donnera un livre. Il y a entre autres : Tanger, Beyrouth, Alexandrie, Istanbul et Carthage la cité morte. On est un peu sur les traces d’Ulysse, allant à la quête et la recherche d’Ithaque.

Son œuvre est autobiographique, un témoignage, l’Ambassadeur a pu de par ses fonctions pénétrer l’intimité des gens et des pays. Jean Raspail disions-nous, il faudrait y rajouter Paul Morand ou encore Montherlant. Un écrivain amoureux de la mer, un peu aventurier, né dans les brumes de Champagne. La marche du temps est une œuvre de longue haleine, sept ans pour l’écrire. L’écrivain se fait guide et historien. Il nous fait découvrir avec sa plume des villes et des gens.

L’écrivain est aussi éditeur, il a fondé les éditions Quai Voltaire.

Un jour, il demanda à l’auteur américain Paul Bowles : « Pourquoi écrivez-vous ? » Ce dernier lui répondant : « J’écris, parce que je suis toujours au pays des vivants ! »

Daniel Rondeau n’a pas quitté sa région natale, la Champagne, c’est là qu’il écrit dans sa maison, alternant la solitude et la rencontre avec ses semblables. Daniel Rondeau un écrivain dont la plume grave les mots pour les perpétuer.

On ressent, disait Didier Van Cauwelaert, une grande fraternité à la lecture de ses livres. Il faudrait les ouvrir et les déclamer à nos contemporains, cette vertu républicaine étant bien oubliée aujourd’hui.

Thierry Jan

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