Christine Spengler , L’Opéra du Monde au Théâtre de la Photographie

Christine Spengler est née en 1945 en Alsace, après le divorce de ses parents elle est élevée à Madrid d’où peut-être son amour pour les couleurs rouge et noire, aisément à comprendre quand on songe à Manolete et aux corridas. Christine est fascinée par Goya et le musée du Prado. Elle fait des études de lettres françaises et espagnoles. Son ambition, devenir écrivain.

En 1970 elle découvre au Tchad, au Tibesti sa vocation. Dès lors elle va arpenter la planète, partout où il y des guerres, des révolutions, du sang, la mort et le deuil. Voilà la vraie raison de son goût pour ces deux couleurs auxquelles elle ajoute le blanc symbole de paix et de pureté. Désormais grand reporter, partout elle saisit les affres de la guerre : Irlande du Nord, Viêt-Nam, Cambodge.

En 1976 elle devient la première femme correspondante de presse pour SYGMA. Elle enchaîne avec le Nicaragua, le Salvador, l’Iran. En 1983 elle se rend en Alsace sur la tombe de son frère mort dix ans plus tôt. Puis c’est le Liban, l’Afghanistan, le Kosovo en 2000. Cette exposition est un peu l’album de ‘famille’ de cette femme qui a couvert tous les fronts, toutes les guerres. Cette exposition est une rétrospection du dernier quart du XX° siècle.

Ecoutons Christine Spengler nous parler : « Les yeux sont les fenêtres de l’âme. » Les fillettes iraniennes voilées après la révolution. Il faut bien observer les regards : le fanatisme, la résignation, la révolte sourde. Chacune a sa propre expression. « Ramener les morts à la vie par une photo en couleur. »

Là, elle se fait intimiste avec son jeune frère dont elle appris la mort alors qu’elle était au Viêtnam en 1973. Oui on peut rendre la vie aux morts avec une photo couleur. Christine, une femme dans la guerre, là où l’intolérance distribue la mort, le fanatisme et la haine exacerbent les passions.

Une exposition : l’Opéra du monde. Si l’opéra est l’amour impossible, un drame où la mort fait tomber le rideau sur la scène, cette exposition tend, au contraire, à relever ce rideau afin de savoir ce qui s’est vraiment passé. L’œil du photographe est un imparable témoin. Christine Spengler avec ses photos nous fait un magnifique cadeau. Sachons l’apprécier.

C’est au musée de la photographie 1 place Pierre Gautier que l’on peut admirer jusqu’au 26 mai les photos de Christine Spengler.

Thierry Jan

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