L’ opéra chronomathique de Eliz Baroca à la Galerie Depardieu

La musique en suspension, elle semble éthérée, à peine audible, un simple bruit de fond, les notes s’évaporent, Jérôme Séguin compositeur bassiste et contrebassiste anime ainsi cette exposition où une jeune artiste Eliz Barbosa expose jusqu’au 10 décembre à la galerie Depardieu ses œuvres.

Quand il nous faut critiquer un peintre et son travail, la tâche est mal aisée. Comment aborder son travail et le faire comprendre au public ? D’une certaine façon Eliz Barbosa nous a aidés. Ses tableaux ne sont pas peints au sens où on l’entend habituellement, non, elle a écrit les couleurs au rythme de la musique.

Ce goutte à goutte, de teintes et de tons, vient se fixer ou se figer sur la toile au hasard des notes, chaque note étant une couleur, comment faire avec des croches et des doubles, voire triples croches ? Simplement en superposant les couleurs. L’artiste écoute le musicien et transcrit les sons, une synesthésie, Eliz nous évoque Kandinsky et Scriabine. Ses tableaux seraient donc des partitions. Les couleurs s’harmonisent et se diffusent. Cette exposition stimule à la fois l’ouïe et la vue.

On écoute les tableaux et on regarde la musique. L’alchimie semble impossible et pourtant Eliz Barbosa l’a pleinement réussie. Les instruments de musique sont représentés, nous nous retrouvons au cœur d’un orchestre et le concert se fait en trois dimensions, donnant au public l’origine de la note, on la voit naître, s’épanouir et se fondre avec une autre note, donnant ainsi la mélodie.

L’artiste ici, épèle les notes comme les lettres d’un mot difficile, elle nous rend accessible la fusion des sons et de l’harmonie. On peut distinguer ainsi un Adagio et un concerto. Eliz Barbosa est un chef d’orchestre dont la baguette est un pinceau et la partition un tableau.

Thierry Jan

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