La mythologie grecque illustrée par Henri Matisse

Jusqu'au 25 février, au musée Matisse à Cimiez, vous pouvez découvrir des illustrations inédites réalisées par Henri Matisse à propos du texte Pasiphaé, Chant de Minos, d'Henry de Montherlant.

Henry de Montherlant est un auteur et dramaturge français qui a écrit une œuvre assez considérable. En 1936, il rédige un poème à deux voix sur le mythe de Persiphaé (tragique) et de Minos (lyrique). Il demande à Matisse de l’illustrer en 1943, celui-ci réalise 18 planches en utilisant le procédé de linogravure. Il s’agit de tracer un simple trait blanc sur un fond entièrement noir.

« Je suis comblé et ravi. Votre oeuvre du Pasiphaé plonge au fond des âges pour y rejoindre ma conception faustéenne de cette pièce ; Cela est plein de vigueur, de jeunesse et d’éternité », écrit Henry de Montherlant à propos du travail de Matisse. Le musée présente l’édition de 1981 qui rassemble diverses études et variantes gravées. On y observe une série de visages tous différent par une particularité de forme. On le sait, Matisse avait une attirance pour les portraits. Il disait que sa conception de la vie s’incarnait le mieux dans l’expression du visage.

© Succession H. Matisse

Pour comprendre les dessins de l’artiste, il faut connaître le mythe de Pasiphaé et Minos. Et se plonger dans la mythologie grecque. Minos est le roi de Crète, descendant de Zeus et Europe. Afin de prouver son dévouement à son peuple, il offre un sacrifice à Poséidon et lui demande de faire sortir un taureau blanc des flots. Le dieu des océans accepte mais somme Minos d’exécuter le taureau, celui-ci refuse et décide de le garder dans son troupeau. Fou de rage, Poséidon se venge en jetant une malédiction à la femme de Minos, Pasiphaé. Elle tombe d’un irrésistible amour pour le fameux taureau et cherche à épancher sa passion. Elle demande l’aide de Dédale (référence au labyrinthe) qui lui fabrique une génisse parfaite. Un accouplement contre nature s’ensuit qui donnera naissance au minotaure, une abomination mi-homme mi-taureau. Minos va décider de l’enfermer dans un labyrinthe pour qu’il ne puisse jamais en sortir.

© Succession H. Matisse

Un fois tout ça en tête, on ne peut qu’apprécier le style si propre à Matisse. La position des corps, la continuité des traits. Un travail original exposé jusqu’au 25 février. Rien n’empêche de redécouvrir l’exposition permanente qui retrace la vie de celui qui écrivait dans ses notes en 1908 : « Ce que je rêve, c’est un art d’équilibre, de pureté, de tranquillité, sans sujet inquiétant ou préoccupant, qui soit, pour tout travailleur cérébral, pour l’homme d’affaire aussi bien que pour l’artiste de lettre, par exemple, un lénifiant, un calmant cérébral, quelque chose d’analogue à un bon fauteuil qui le délasse de ses fatigues physiques ».

Informations pratiques : https://www.musee-matisse-nice.org/

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Jane Doe

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