Les exposition(s) Matisse à Vence

Jusqu’au 31 décembre, Vence expose une partie de son remarquable et peu connu fonds Matisse et propose, en parallèle, des œuvres d’artistes contemporains en réponse au génie du maître.

MATISSE ET VENCE, L’EMOTION PURE, œuvres inédites d’Henri Matisse de la collection de la ville de Vence

A LA LUMIERE DE MATISSE, œuvres de vingt-trois artistes contemporains

En 1943, en pleine Occupation, Henri Matisse vient s’installer à Vence. De 1943 à 1948, installé à la villa le Rêve, il tombe sous le charme de la cité. Il ne cessera de créer, en quête d’un art « d’équilibre et de pureté ».

A Vence, il mène à bien la conception d’une œuvre d’art total, la chapelle des dominicaines du Rosaire. La relation privilégiée tissée entre Matisse et la cité des arts s’est prolongée par la suite, grâce aux dons de la famille de l’artiste.

L’exposition présente une sélection de cette collection, constituée essentiellement d’œuvres graphiques : fusains, lithographies, eaux-fortes. « Mon dessin au trait, notait l’artiste, est la traduction directe et la plus pure de mon émotion. » Ces œuvres illustrent les principaux thèmes explorés par l’artiste : l’art du portrait et ses variations, la chapelle du Rosaire, les livres illustrés.

Des documents, (ainsi que des photos réalisées par des photographes tels Henri Cartier-Bresson ou Robert Capa), témoignent de la vie quotidienne de l’artiste pendant son séjour à Vence.

Des documents souvent inédits vous feront découvrir un Matisse inconnu : de l’émotion face au témoignage de la générosité humble de Matisse qui illustre gracieusement un recueil du poète résistant Roger Bernard, tué par les Allemands, et embauche à Vence comme modèle sa veuve en difficulté.

Il est intéressant, alors même que le musée de Vence permet de découvrir une partie de son fonds Matisse, de suivre cette filiation pour tenter de mieux comprendre comment d’une génération à l’autre, des avant-gardes modernes à l’art contemporain, la voie ouverte par Henri Matisse autorise les artistes d’aujourd’hui à cette liberté qui souvent peut nous surprendre.

Le second volet de l’exposition est conçu comme le tracé de cette filiation entre les audaces du Maître et la transformation des formes qu’ont opérée les artistes contemporains choisis : Patrick Chambon, Philippe Comar, Henri Cueco, Olivier Debré, Noureddine Ferroukhi, Alain Fleischer, Franta, Monique Frydman, Simon Hantaï, Jean Le Gac, Jean-Michel Meurice, Bernard Moninot, Jacques Monory, Bernard Pagès, Françoise Pétrovitch, Jean-Pierre Pincemin, Claude Rutault, Pierre Soulages, Gérard Titus-Carmel, Gérard Traquandi, Joana Vasconcelos, Claude Viallat, Catherine Viollet.

par Alex Benvenuto

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