Cloches et clochers : Notre Dame de Vie à Mougins

Aujourd’hui ce n’est plus, ni une chapelle, ni une église, mais un musée dédié à Picasso. Faisons un bond dans l’histoire et retrouvons nous à l’aube de l’ère chrétienne.

Des inscriptions Gallo-romaine et un autel votif du III° siècle témoignent de l’existence d’une communauté humaine très ancienne. Le clocher de la chapelle de Notre Dame de Vie date du XI°, de style roman lombard il est antérieur à l’existence de la chapelle.

Le nom de Notre Dame est mentionné pour la première fois dans une bulle du pape Alexandre IV en 1259. La chapelle, Mougins et trois églises : saint Jacques, sainte Marie et saint Martin sont dévolus à l’Abbaye de Lérins. En 1519 la chapelle se nomme Notre Dame de Villevieille.

Ce n’est qu’en 1656 qu’elle prend le nom de Notre Dame de Vie. Son architecture est un exemple typique des édifices religieux des campagnes au XIII° siècle. La bâtisse menaçait ruine et est reconstruite en 1654. Sa dédicace s’explique par sa fonction. Au XVII° siècle les enfants mort-nés sont amenés dans des sanctuaires mariaux où, d’où le nom de répit, ils reviennent à la vie le temps qu’on les baptise.

En 1730 monseigneur d’Anthelmy évêque de Grasse condamne cette pratique. Si elle cesse à Notre Dame de Vie après 1764, elle se poursuit dans les campagnes françaises jusqu’à la première guerre mondiale. En 1755 les pénitents Blancs de Grasse, suite à un vœu firent depuis leur chapelle saint Michel le pèlerinage de Notre Dame de Vie

Cette chapelle est riche de nombreux exvotos, ceux de parents ayant pu faire baptiser leur enfant, remerciements, grâce reçues ou autres expression de la dévotion populaire. On songe ici aux paroles du Christ : « Si vous n’êtes pas comme les petits enfants…. »

Une dalle recouvrant la sépulture des petits corps porte cette épitaphe : Ici reposent des petits innocents morts dès leur naissance. R.I.P. L’ermitage Notre Dame de Vie fut pa propriété de la famille Guinness. Picasso va l’acquérir en 1961 après son mariage avec Jacqueline.

C’est là qu’il va réaliser ses dernières œuvres jusqu’à sa mort le 8 avril 1973. Aujourd’hui le religieux et le profane se confondent entre l’histoire de cette chapelle et Picasso. Notre Dame de Vie a été restaurée une première fois après la mort de l’artiste et en 2012.

Les lieux conservent cette aura spirituelle tout en distribuant l’intimité de Picasso à travers les photos de son ami Lucien Clergue.

Thierry Jan

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