Au Musée National du Sport : Objets du sport, objets détournés

Le visiteur du musée national du sport, ne doit pas aborder l’exposition de Laurent Perbos en donnant aux objets exposés leur sens premier, leur sens utilitaire.

D’ailleurs cela s’avérerait bien vite impossible avec les tables de ping-pong. L’artiste plasticien métamorphose des ballons de basket et en fait un tableau en trois dimensions, déclinant les couleurs de l’arc en ciel. Les choses les plus usuelles deviennent par leur association un trésor : lingots, diamants, pierres précieuses. Le trésor est le début et la fin (entendre l’objectif recherché). Chaque élément est connu dans la banalité de sa destination. C’est la fusion de ces derniers qui pose question.

Laurent Perbos nous décrit une société des loisirs, une société avant tout ludique. Les roues de vélo, là il réalise des dessins épurés. Peindre sans faire de peinture, l’arc en ciel représente tous les tableaux. Chaque objet semble être habité, animé, vivant, il a une vie. On entre dans le domaine spirituel et l’artiste nous emmène dans les mythologies extrêmes orientales dont la chinoise, la vie ayant été donnée par une goutte du sang du dieu. Il y a une genèse et le parpaing en est la meilleure illustration.

C’est avec lui que l’on fait un mur, puis une maison, puis il devient œuvre d’art. Super héros pour les profanes, mythologie pour les initiés ? Ce serait trop réducteur et les deux concepts s’imbriquent les uns dans les autres. Il y a des mythes, des métaphores. Laurent nous ouvre son jardin et les bonbons géants, abstraction ou figuration ?

Là c’est à chacun d’y répondre selon qu’il a gardé ou pas son âme d’enfant. Le ballon en béton, symbole du poids, de l’effort et du temps. Le surfer d’argent, la cible conique avec le centre en pointe. Les tables de ping-pong, un tube où la balle ne tomberait jamais, est-ce une piste d’athlétisme ou un parcourt de golf et la table ondulante, ping-pong de bosses ? Tout est illusion disait le penseur pour expliquer sa sagesse. Ici l’artiste nous invite à réfléchir, à penser et à nous évader des carcans réducteurs donnés aux objets,

Laurent Perbos libère l’objet de son utilisation première pour lui donner une autre destinée, une autre finalité et l’ensemble des bouées de plage, si elles évoquent les vacances pour certains, sera une invitation à imaginer cet agglomérat comme une œuvre d’art, une sculpture moderne en phase avec des artistes comme Arman ou César.

Laurent Perbos nous offre un voyage dans ce pays où la mythologie, les mythes, le fantastique et le merveilleux sont les échos et le décor qui séduiront toujours l’enfant qui sommeille au plus profond de chacun de nous.

Thierry Jan.

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