Cagnes sur mer : Le déjeuner sur l’herbe chez Auguste Renoir

Dans le cadre des journées du patrimoine, le musée Renoir de Cagnes sur Mer organisait un déjeuner sur l’herbe, un pique-nique ‘1900’ en costumes et voitures d’époques. Le style allait de la belle époque aux années folles. D’une certaine façon nous étions, en cette dernière journée d’été, les hôtes d’Auguste Renoir.

Après avoir visité sa maison, s’être imprégné de l’artiste, on se retrouvait dans ce jardin d’oliviers pour déjeuner. Un piquenique avec nappes blanches ou à carreaux, les paniers en osiers d’où dépassait le goulot de la bouteille de vin, les charcutailles, le pain, les fromages et les fruits prunes et raisins.

De belles jeunes filles en costume, un chapeau à la structure compliquée, les hommes en canotiers, le jardin de la maison de Renoir était un patchwork de couleurs et d’imaginations. On songe à Renoir, on aime à penser qu’il est là, parmi nous. Surement l’artiste est dans un de ses ateliers à croquer la silhouette d’une jeune fille en fleur.

Ce déjeuner sur l’herbe est l’occasion d’oublier notre époque où on ne sait même plus s’arrêter pour observer le vol d’un papillon. Justement il y en a un dessinant des arabesques, son vol, comme sa vie est éphémère et on s’attarde à le regarder aller et venir. Des enfants courent, c’est la vie et ce piquenique en est l’expression.

Cette idée originale, outre nous avoir appris ou réappris à apprécier le temps et le savourer, en sachant déjeuner, en sachant oublier nos téléphones portables, en sachant vivre tout simplement.

La maison de Renoir est devenue un musée où l’artiste est toujours présent. Présent par la disposition des lieux, présent par les objets exposés, souvent intimes, photos de ses enfants, de lui, de son travail, de ses modèles.

Auguste Renoir est toujours là, on le sent. C’est assez paradoxal, car il ne vécut ici que les dix dernières années de sa vie de 1908 à 1919. Des films, des photos, un album de famille avec des gamins jouant dans le jardin : Jean, Pierre et Claude, jeunes garçons insouciants et leur maman Aline. C’est Jean Renoir devenu un célèbre cinéaste qui nous expliquera la genèse de cette maison.

A l’origine, il n’y avait qu’une ferme, cette bâtisse existe toujours et ce jardin d’oliviers dont certains auraient été plantés par les soldats de François 1° se trouvaient menacés par le projet d’un champ de culture d’œillets.

Auguste Renoir acheta l’oliveraie, sauvant les oliviers et faisant construire cette maison dotée de tout le confort moderne pour l’époque, il y vivra dix ans, dix années d’une intense création et d’une nouvelle expérience, celle de la sculpture.

Si Molière est mort sur scène, Auguste Renoir meurt son pinceau à la main. Ce déjeuner nous aura donné l’immense plaisir de redécouvrir cet artiste, sa maison et les lieux où il a croqué tant de jeunes Cagnoises dans le printemps et la fleur de leur âge.

Thierry Jan

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