Censure à la Galerie Helenbeck de Nice

« C’est une censure pour la peinture. C’est ridicule. Ce tableau est un hommage à Gustave Courbet. Il n’a pas été fait pour provoquer ». Gilles Traquini est étonné, encore sous le choc. Il pensait exposer en toute quiétude ses œuvres à la Galerie Helenbeck, rue Defly à Nice jusqu’au 16 janvier. L’œuvre de la discorde : un tableau de deux mètres sur deux berçant entre le grisâtre et le bleuâtre appartenant à une trilogie de peinture et s’intitulant « Ne m’oublie pas ». Il rappelle L’Origine du Monde de Gustave Courbet peint en 1866, polémique à l’époque puisqu’il représentait le sexe de la maîtresse d’un diplomate turc. 140 après, à Nice, un pubis féminin choque toujours.

« Dimanche on installait les tableaux de l’exposition. On faisait des essais. On regardait ce que cela donnait en vitrine. Deux femmes logeant dans la même rue sont entrées énervées, m’ont traitée de pornocrate. On a voulu calmer le jeu mais dix minutes plus tard les policiers sont arrivés. Il nous ont demandé d’enlever le tableau de la vue des passants selon une loi s’apparentant à un attentat à la pudeur », raconte Chantal Helenbeck, la galeriste quelque peu surprise. Ne voulant pas risquer de devoir fermer leur galerie, Chantal et Brigitte Helenbeck ont voilé leur vitrine et ont mis à l’entrée « interdit au moins de 18 ans ». « Ma sœur et moi, nous ne sommes pas des provocatrices. Je suis étonné qu’on appelle la police pour ça. Maintenant on se croirait dans un sex-shop », déclare amusée et pour dédramatiser Chantal.

Gilles Traquini avoue avoir déjà voulu provoquer mais sur d’autres thématiques mais pas sur ces trois tableaux qui constituent un ensemble aux plusieurs symboliques : les vagues, l’origine de la vie avec en filigrane un hommage à Gustave Courbet. « Ne m’oublie pas » a fait escale dans de nombreuses expositions sans aucun scandale ni même plainte : Montbéliard, Bruxelles, la Villa Tamaris (avec 250 visiteurs par jour) et à la médiathèque du Cannet des Maures avec la visite de nombreux enfants avec leurs classes. Gilles Traquini et Chantal Helenbeck reconnaissent que cette censure permet d’avoir une publicité dans les médias avec une page entière mardi sur Nice-Matin, un reportage sur France3. « Ce n’était pas du tout le but », assure Chantal. La censure s’est transformée en avantage. Les censeurs ont échoué. Peu avant la fermeture, un visiteur est entrée dans la galerie pour voir la « fameuse œuvre » polémique. Il ne sera sans doute pas le seul à ouvrir la porte de la galerie Helenbeck pour découvrir l’exposition de Gilles Traquini. L’occasion de découvrir toutes ses œuvres et aussi de faire connaissance avec la galerie de la rue Defly.

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