Box-office : Aurore de Blandine Lenoir

Aurore (Agnes Jaoui), la cinquantaine, séparée de son mari et bientôt grand-mère affronte de conserve chômage et ménopause.

De cette non histoire quelque peu crépusculaire, la réalisatrice Blandine Lenoir tire une tranche de vie plutôt émouvante (même si on est loin d’un feel good movie). C’est qu’Aurore, malgré tout, ne renonce pas au bonheur... grand bien lui fasse car après s’être cognée un peu partout, elle finira par le gagner.

Un des mérites de ce film est d’avoir inscrit cette quête un peu chaotique dans un milieu populaire aux antipodes des sempiternelles familles bobos ou carrément bourgeoises qui envahissent le cinéma français. Aurore est serveuse et fera des ménages, son amoureux est un technicien de clinique, son mari un manuel. Ses filles n’ont pas fait d’études et son appartement est petit et encombré. Le restaurant où les serveurs chantent de l’opéra sera le seul luxe du film.

Un film où ces grands oubliés du cinéma moderne - les seconds rôles - sont particulièrement soignés (avec une mention spéciale à l’employée de l’ANPE qui ne finit pas ses phrases et à l’ancien collègue de classe qui s’offusque devant le choix matrimonial pourtant ancien de l’héroïne).

Même si le happy end final est un peu convenu "Aurore" est un beau portrait de femme incarné par une Agnes Jaoui qui apporte, avec humilité, beaucoup d’humanité à son personnage. Grâce à elle, le crépuscule d’Aurore ne restera pas sans promesse...

par Patrick Mottard

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