Box-office : Buena Vista Social Club

En 1999 sortait "Buena Vista Social Club", film-documentaire sur la première tournée du fabuleux groupe, ponctuée par le concert mythique au Carnegie Hall à New York. Avec, derrière la caméra, le réalisateur Wim Wenders, aiguillonné par son "ami américain" Ry Cooder venu apporter au projet les couleurs de sa slide guitar. En 2015 et 2016, profitant de la tournée d'adieu du "Buena Vista", baptisée "Adios Tour", la réalisatrice Lucy Walker s'est lancée dans le tournage d'un nouveau documentaire. Avec comme idée phare de raviver, à travers le récit qu'en font aujourd'hui les vivants, la mémoire des héros disparus. Le film relate et résume à la fois , le parcours du groupe dans la captivante histoire musicale de Cuba, tandis que ses membres reviennent sur leurs remarquables carrières et les extraordinaires circonstances qui les ont réunis. Ces "papys" cubains, sortis de l'oubli ou de leur retraite, interprétant avec délectation des classiques du "son", "LA" musique du peuple à Cuba, ancêtre de la salsa, et s'amusant de leur succès soudain et tardif, émurent alors le grand public. Mais "Adios", où l'on voit le Buena Vista à la Maison Blanche en octobre 2015, pour le premier concert de musiciens de Cuba en ces lieux en plus d'un demi-siècle, entend aussi se conjuguer au présent.

Revivent ainsi dans "Adios" Ibrahim Ferrer (disparu en 2005), Compay Segundo (2003), Ruben Gonzalez (2003), par la magie de la pellicule et du récit qu’en font le guitariste Eliades Ochoa (71 ans) ou la chanteuse Omara Portuondo (86 ans), survivants de l’aventure originelle et vedettes de cette tournée d’adieu.
"Adios"

Mais sont-ils un jour partis ? Ibrahim Ferrer, sa panoplie de casquettes, voix douce légèrement éraillée et coeur tendre, Compay Segundo, sa truculence, ses havanes et ses panamas, Ruben Gonzalez et ses costumes impeccablement taillés... Ces images sont en effet inscrites à jamais dans l’inconscient collectif.

Nick Gold, le producteur des disques du Buena Vista, revient dans "Adios" sur la genèse de cette épopée, née du hasard, alors qu’un autre projet était prévu. "C’était fabuleux dès la première prise", affirme-t-il à propos de la rencontre de musiciens qui ne se côtoyaient plus depuis des lustres.

Juan de Marcos Gonzalez, qui fut à l’époque chargé du casting du Buena Vista, compare l’osmose existant entre les membres du groupe à "un phénomène de physique" où deux particules séparées peuvent vibrer ensemble quand on en touche une seule.

Le film nous ramène aussi à ce qu’il reste du Buena Vista Social Club, club de La Havane dans les années 1930 exclusivement réservé aux Noirs, fermé après la Révolution, qui a donné son nom au groupe.

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