Box-office : La ballade de Buster Scruggs de Ethan et Joêl Coen

La plateforme de diffusion et de production Netflix cherche décidemment à redéfinir les contours du paysage cinématographique actuel. On se souvient de la polémique qu’avait engendrée la présence du long métrage Okja en compétition au Festival de Cannes alors qu’il était distribué par et sur Netflix. Cette fois-ci, c’est le duo des frères Coen qui débarque sur la plateforme avec la très entrainante ballade de Buster Scruggs.

Imaginé au départ comme une mini-série, cette escapade burlesque dans l’Ouest américain a finalement surgit sous la forme d’un film, découpé en six histoires différentes. Pendant un peu plus de 2h, le spectateur traverse l’imaginaire du western via le regard des Coen qui n’en sont pas à leur premier tir de revolver. La figure du Cowboy, cette humanisation historique de la violence et de la cupidité nous fait remémorer l’excellent No Country for Old Men ou le plus déjanté True Grit.

Ici, on est tout de même dans un format beaucoup plus atypique. Le long métrage est servi au spectateur comme un livre de contes et légendes de l’Ouest, qui se succèdent et délivrent un ou plusieurs messages. On pourrait presque penser à des fables. Attention néanmoins, car il n’est pas question d’employer un ton moralisateur, mais de raconter la fatuité du destin et parfois aussi, l’absurdité de la mort. Soyons honnête, l’univers du western n’a jamais été synonyme de bon vivre et de bonheur, mais plutôt d’une formidable réserve de contradictions, d’intolérance et de meurtres. Cette période est donc un formidable terrain de jeu pour nos deux réalisateurs adeptes du cynisme.

Si l’ensemble est assez réussi, on peut reconnaître que le format épisodique du long métrage rend certaines histoires moins passionnantes que d’autres. Le casting est étonnant bien que peut-être un peu trop masculin, à noter la belle performance de Zoe Kazan qui est le seul véritable personnage féminin principal du film mais certainement le plus convaincant.

En conclusion, La ballade de Buster Scruggs est bien une réalisation des frères Coen, on ne peut s’y méprendre. La toile de fond fataliste mais souvent réaliste de la psychologie humaine est délicieusement offerte aux spectateurs. L’égocentrisme, la volonté d’être le meilleur, la cupidité sont quelques-uns des thèmes à découvrir. Et, ici et là, une pointe d’amour distillée au seuil de l’avènement de la modernité.

Robin Poncelet

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