Box-office : Loving de Jeff Nichols

Loving raconte l’histoire vraie de Richard et Mildred Loving. Il est blanc, elle est noire, ils s’aiment et décident de se marier. Mais dans l’Amérique ségrégationniste de 1958, ce n’est pas si simple. L’État de Virginie, où les Loving sont installés, les poursuit en justice et les contraint à l’exil.

L’histoire a eu lieu dans la « vraie vie », qui, comme il arrive parfois, fait pâlir d’envie la fiction.

L’histoire de la ségrégation raciale aux Etats-Unis ne s’arrête pas avec Abraham Lincoln et l’interdiction de l’esclavage en 1865. Elle se perpétue par une série de décisions de justice ( l’arrêt « Séparés mais égaux » émis en 1896 par la Cour suprême, par exemple ) pour maintenir une ­séparation évidemment inégalitaire entre Blancs et Noirs.

Jeff Nichols parvient à raconter un moment historique de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis en gardant l’intime et l’humain au premier plan et signe avec Loving un magnifique mélo de style néoclassique.

La finesse de touche commence avec le titre, Loving, ouvrant au double programme du film. Empêchés de se marier par une loi de 1924 promulguée dans l’Etat de Virginie ( le Racial Integrity Act ), Mildred Jetter, une femme noire, et Richard Perry Loving, un homme blanc, partent se marier clandestinement dans le district de Columbia. À leur retour, ils sont dénoncés, arrêtés, emprisonnés, condamnés à un an de prison ferme. Leur peine sera suspendue à condition qu’ils quittent l’Etat pour une durée de vingt-cinq ans.

Le juge qui prononça cette décision, dont le nom mérite d’être effacé, argua du fait que « Dieu tout-puissant... »

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