Box-office : Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda

“Une affaire de famile”, qui a remporté la dernière Palme d’or, pose un regard mélancolique sur les foyers japonais.

Au Japon, la famille est sacrée. Elle est, d’ailleurs, au cœur de tous les films de Hirokazu Kore-eda, suscitant, en lui, des sentiments contradictoires. Il aimerait, visiblement, la vénérer, comme tout le monde dans son pays, la montrer comme le seul havre de paix et de bonheur possibles. Il y parvient, parfois, avec un regard insolent.

Et si le salut venait, non de ceux qu’on subit, mais de ceux qu’on choisit ? « Ça évite d’avoir de faux espoirs », résume, philosophe, la vielle dame d’Une affaire de famille.

La mamie est amorale, le couple qui vit sous son toit n’est pas très net, le gamin « adopté » apprend à sa nouvelle petite sœur, maltraitée par ses vrais parents, l’art de la fauche dans l’épicerie voisine.

C’est que la vie est si dure, au Japon, que ces six paumés ont décidé de l’affronter ensemble. L’intérêt les unit, donc, au moins autant que la tendresse. Mais ce drôle de sentiment indéfinissable les soude à jamais, les rendant à la fois solidaires et inséparables.

Le film trahit, donc, le regard insolent que le cinéaste porte, aujourd’hui, sur la famille traditionnelle. A une femme flic qui lui dit : « Toutes les petites filles veulent vivre chez leurs vraies mères », l’une des membres du clan réplique : « Ça, c’est ce que les mères croient… »

A sa façon, paisible et ouatée, Hirokazu Kore-eda est un anarchiste.

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