Chroniques cannoises de Patrick Mottard : Affreux, sale et gentil, puis beau, propre et méchant…

À un moment de la semaine où les festivaliers spéculent déjà sur le palmarès (par exemple sur la revue le Film français), deux films étaient aujourd’hui présentés, un italien, un coréen. Sans avoir vocation à figurer en haut de la liste des récompenses, ils étaient de bonne qualité.

DOGMAN, Matteo Garrone (Italie)

Dans une banlieue déshéritée, Marcello, toiletteur pour chiens et petit dealer à l’occasion, voit revenir de prison son ami Simoncino, un ancien boxeur accro à la cocaïne. Celui-ci va faire de Dogman son souffre douleur et l’entraine dans une spirale criminelle.

Ce Marcello est un curieux petit bonhomme. Plutôt chétif et laid, assez négligé, il est plutôt gentil : père (divorcé) attentionné envers sa petite fille, prêt à prendre tous les risques pour sauver un chihuahua, rendant service à cette faune qui lui sert de voisinage dans cette zone qui lui sert de quartier. Mais son attachement (on pourrait dire canin !) à cette brute de Simoncino qui lui fait subir toutes les humiliations (il va même en prison à sa place) va finir par trouver ses limites et le petit homme va se transformer en machine de guerre.

Ce film réaliste mais pittoresque se regarde sans déplaisir malgré sa grande violence. On est seulement un peu surpris que Garrone, le réalisateur de Gomorra, ait à ce point gommé le contexte social. Au point de faire de son film une sorte de conte. Pour adulte toutefois.

BURNING, Lee Chang-Dong (Corée du Sud)

Un jeune homme rencontre par hasard une ancienne voisine de son village d’enfance. Après une courte liaison, la jeune femme part en Afrique. À son retour, elle semble s’être liée à un homme mystérieux qu’elle a rencontré au cours du voyage.

Comme dans le film de Garrone, on a dans Burning un affrontement entre deux hommes : Jongsu, le paysan malgré lui (il est obligé de succéder à son père), un peu naïf, et Ben, le youpie élégant et sûr de lui. Un affrontement feutré pour les beaux yeux de la fantasque Haemi. Le film italien tourne autour du dominé, le coréen autour du dominant, ce Ben beau, propre sur lui et méchant. Encore que cette méchanceté, il faut attendre 2 heures 28 pour la toucher du doigt. Malgré la qualité de ce film parfois envoûtant, c’est quand même assez long.

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