Cloches et clochers : l’Eglise Sainte Marguerite de Roquebrune Saint-Martin

Comme bien souvent, le passant est trop pressé pour découvrir les vieilles pierres et leur histoire, il passe sans regarder, sans écouter et s’éloigne vers les sentiers balisés, ignorant les richesses pourtant à sa portée.

C’est là tout l’intérêt de Cloches et Clochers, vous ouvrir le regard afin de comprendre l’histoire dont les églises sont de précieux repères.

Cette église était à l’origine dédiée à Notre Dame. Une bulle du Pape Lucius III du 8 juin 1182 en atteste. Cet édifice religieux fut donc construit avant la fin du XII° siècle, probablement au XI° Le village dépendait alors du diocèse de Vintimille.

En 1258 Charles d’Anjou, Comte de Provence, conquière la partie occidentale de la Ligurie, agrandissant ainsi ses Etats. Un acte du 29 janvier 1274 dédie l’église de Roquebrune cap Martin à sainte Marguerite. Sainte Marguerite fut entièrement rénovée sous le règne du Prince Honoré III en 1618, Roquebrune et Menton sont alors des possessions des souverains Monégasques.

Une nouvelle restauration se fit au XVIII° siècle. Le 1° frimaire de l’an III de la république, l’orfèvrerie de l’église fut envoyé à la fonte sur décision de la convention. En 1848-1850, Roquebrune, tout comme Menton, est une ville libre sous la protection des Savoie et passera à la France en 1861. En 1882 Monseigneur Grana entreprend à son tour une importante restauration. Sainte Marguerite est décorée de tableaux et de sculptures intéressant sur le plan artistique et historique. Un buste représente le roi de France Henri IV, serait-il venu dans ce village ou fut-il un donateur ?

L’autel de Notre Dame du Rosaire est l’ultime témoin d’une confrérie de dames du XV° siècle dont le siège était la chapelle sainte Lucie désaffectée en 1799. Un autre autel dédié à Notre Dame des Neiges fut érigé en 1467 en remerciement de la fin de l’épidémie de peste.

Depuis, chaque 5 août les Roquebrunois en reconnaissance, reconstituent le parcours de la passion de Jésus-Christ. Une reproduction du jugement dernier de la chapelle Sixtine de Michel Ange fut donnée en 1882 par Monseigneur Grana, natif de Roquebrune. Ce prélat était au Vatican secrétaire du Cardinal Antonelli.

L’autel de saint Antoine et son tableau de l’Assomption, évoqueraient, selon certains historiens, la descendance des Comtes de Vintimille apparentés à la mère de saint Antoine, née dans cette cité sur les bords de la Roya. On aura remarqué sur le parvis le pavage en mosaïque de 1776.

Comme bien souvent, le passant est trop pressé pour découvrir les vieilles pierres et leur histoire, il passe sans regarder, sans écouter et s’éloigne vers les sentiers balisés, ignorant les richesses pourtant à sa portée. C’est là tout l’intérêt de Cloches et Clochers, vous ouvrir le regard afin de comprendre l’histoire dont les églises sont de précieux repères.

Thierry Jan

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