De Warhol à Basquiat au Musée de Vence

Un très vaste programme nous est présenté et offert par la fondation Emile Hugues avec la présentation d’une centaine d’œuvres d’artistes issues de la collection Lambert. De Warhol à Basquiat est sans aucun doute un vaste défi, lequel a été admirablement relevé.

Les œuvres exposées dans le musée de Vence et à la chapelle des pénitents, sont témoins de cet art moderne, mais qu’est-ce qu’être moderne ? De tous temps il y a eu cette querelle entre les anciens, ceux installés dans les stalles monastiques de la réussite et de la reconnaissance de leur art. Ils sont anciens ? Pourtant en leur temps ils furent modernes !

On devrait plutôt définir des artistes comme Andy Warhol ou Jean Michel Basquiat, pivots de cette exposition comme des porteurs de messages, définissant les contradictions d’une société proclamant les libertés. Que penser de cette série monochrome de chaises électriques ?

On le sait cet instrument barbare servait à exécuter les condamnés à mort aux Etats Unis. Andy Warhol nous aide à comprendre la contradiction entre cet objet servant à tuer un être humain et l’idéal proclamé par la société américaine. Jean Michel Basquiat dont Asbestos est l’affiche de cette exposition dénonce les ravages de l’amiante.

Cet artiste hors du commun, mort à 28 ans, bien trop tôt pour affirmer son art déjà bien abouti, est très éclectique. Des planches anatomiques, os blanc sur fond noir, important de savoir qu’il est noir, tout le symbole est là ! Une anecdote confiée par le directeur de l’exposition : Basquiat invité à Paris, repeignit sa chambre au Ritz ce qui créa un joli scandale.

Le directeur de l’époque ignorait, plus bête que les restaurateurs de Montmartre, la valeur donnée à cette chambre par Basquiat. Andy Warhol est aussi photographe et il fixa sur sa pellicule, dans les années ‘80’ on travaillait en argentique, Basquiat, Liza Minnelli et Rudolf Noureev, un trio fantastique, des photos magnifiques.

Deux films sont offerts au public, pardon au visiteur : un hommage à Jean Michel Basquiat datant de 1996 et le second, sur une musique d’Ennio Morricone, un homme jonglant avec un lasso sous le regard émerveillé d’une jeune fille faisant son jogging. Le Land Art avec Richard Long n’est pas oublié. Le titre de Warhol à Basquiat ne doit pas être pris à la lettre, mais à l’esprit.

C’est bien au-delà, là-bas vers des contrées où l’utopie est réalité et le rêve réalisé qu’il faut comprendre cette exposition. A la chapelle des pénitents, dans un cercle d’écran, de jeunes hommes anonymes vous disent……

Chut, il faut y aller pour en comprendre le sens. Un autre film vous sera présenté. Ne levons pas le drap, laissons à la surprise de la découverte tout son effet pour la plus grande satisfaction des visiteurs.

Thierry Jan

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