Cannes : solidarité avec Manchester. Vive le cinéma !

C’est Thierry Fremaux le délégué général lui même qui la voix chargée d’émotion a, sur la scène du Grand Auditorium Lumière, exprimé la solidarité du F.I.F. avec Manchester, nouvelle ville martyre.

Une déclaration qui sera suivie quelques heures plus tard d’une minute de silence sur tout le périmètre du festival. Manchester, Cannes deux publics en quête de plaisirs partagés, de culture et de liberté : tout ce que les islamistes détestent.

Pour le reste... the show must go on, ce qui signifie pour nous trois nouveaux films d’horizons différents : un grec, un japonais, un iranien.

Mais comme chaque année Cannes c’est une fois encore le plaisir de déambuler avant et après les séances dans les couloirs mystérieux et les recoins improbables du Palais. Jouer ainsi les Belphégor diurnes dans les entrailles de ce magnifique bâtiment si injustement surnommé le "bunker" est un plaisir certainement un brin puéril mais intense. Les photos qui accompagnent ce billet donne une (toute) petite idée de celui-ci.

Mise à mort du cerf sacré, Yorgos Lanthimos (Grèce)

Steven, un brillant chirurgien prend sous son aile le fils adolescent d’un patient décédé au cours d’une opération. Mais le garçon s’immisce progressivement au sein de la famille de son protecteur et devient de plus en plus inquiétant puis menaçant.

Le réalisateur de l’intrigant The lobster, présenté à Cannes il y a deux ans, fait de la première demi-heure de son film un chef-d’oeuvre d’angoisse et d’humour noir. Hélas la suite est assez prévisible et un peu convenue. Et si le jeu et le visage de Barry Keoghan le jeune acteur qui joue Martin l’ado psychopathe risque de provoquer quelques cauchemars chez des spectateurs fragiles, la prestation des deux vedettes, Colin Farrell et Nicole Kidman, n’appelle pas de commentaires particuliers.

Hikari (Vers la lumière), Naomi Kawase (Japon)

Misako est audiodescriptrice de films. Lors d’une projection, elle rencontre un célèbre photographe dont la vue se détériore irrémédiablement. Naissent alors, après une période d’observation assez rude, des sentiments forts entre un homme qui perd la lumière et une femme qui la poursuit.

Comme souvent dans les films japonais l’histoire est assez lente à se mettre en place. Mais une fois installée, l’émotion est au rendez-vous. Avec en prime une jolie réflexion sur le rôle de l’imagination dans le regard .

24 frames, Abbas Kiarostami (Iran)

Ce film expérimental de la Palme d’or 1997 (pour Le goût de la cerise) est projeté dans le cadre des événements du 70e anniversaire du festival, donc hors compétition. Ce fut surtout l’occasion pour Thierry Frémaux de célébrer le cinéma iranien et à travers lui l’évolution positive du pays comme en témoignent les élections de dimanche dernier.

Bon c’est assez conceptuel... On part de photographies souvent en noir et blanc et le réalisateur nous fait partager ce qui se passe avant ou après. Etrange idée moi qui me suis toujours fichu de ce qui se passait avant ou après mon tableau préféré La pie de Monet. Les photos étant essentiellement des forêts en hiver et des vagues qui se brisent sur le rivage, les acteurs des corbeaux ,des vaches et des rennes alors forcement on s’ennuie un peu. Mais c’est ça la magie de Cannes : on peut regarder des corbeaux pendant deux heures sans broncher !

par Patrick Mottard

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