Festival de Cannes : Sofia comme papa ?

C’était le grand jour avec le dernier film de Sofia Coppola, la fille de Francis Ford, double palme d’or à Cannes. Il est vrai que j’ai toujours suivi la carrière de Sofia avec beaucoup d’intérêt car, en 1999, j’avais eu le privilège d’assister à la première de son premier (et remarquable) film Virgin suicides dans le cadre presque intime du Palais Croisette . J’étais au troisième rang derrière papa et à deux places de Faye Denaway, amie de la famille. Autre film de la journée, le Rodin de Doillon.

Les proies (The beguiled), Sofia Coppola (USA)

Pendant la guerre de Sécession, en Virginie sudiste, les pensionnaires d’un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu’elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l’atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu’à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous.

Sofia Coppola est une habituée du chaud et froid (Cf. justement Virgin suicides) ou plutôt du très chaud sous le tiède. Au début le film évolue dans une atmosphère type Les quatre filles du Docteur March, à la fin on n’est pas très loin de Massacre à la tronçonneuse (j’exagère ! ... pas tant que ça finalement !). Entre le soldat peu recommandable et les oies blanches un brin perverses, on ne sait plus vraiment où se trouve la morale. Si le film est souvent drôle (je vous recommande la scène de la tarte aux pommes et celle des champignons), sa philosophie est profondément pessimiste. Avec à l’arrivée un film léger quant à sa forme mais profond quant à son propos.

Alors pourquoi pas Sofia après papa Francis Ford au palmarès de Cannes ?

Rodin, Jacques Doillon ( France)

En 1880, Rodin a 40 ans et partage sa vie entre Rose sa compagne de toujours et Camille Claudel son élève et sa maîtresse.

Le challenge était difficile à relever pour Doillon car le magnifique Camille Claudel multi-césarisé avec Depardieu et Adjani a marqué l’histoire du cinéma français. A l’arrivée, si l’on ne peut pas parler d’un échec complet, on ne peut que constater que la comparaison est cruelle pour le film de Doillon. Si Vincent Lindon campe un Rodin massif, sensuel et inspiré, sa partenaire féminine (Izia Higelin) est assez pâle. Quant au film lui-même, il démarre très lentement un peu comme un téléfilm poussif avant de trouver enfin son rythme dans la deuxième partie avec une vraie réflexion sur les mystères de la création. En fait la question qu’on peut se poser est la suivante : était-il pertinent de faire un nouveau film sur ce sujet ?

par Patrick Mottard

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