Les chroniques du festival de Patrick Mottard

TROIS FACES ( Se Rokh) Jafar Panahi (Iran)

Behnaz une actrice célèbre en Iran reçoit la vidéo d’une jeune fille implorant son aide -avec un chantage au suicide à la clé- pour échapper à sa famille conservatrice. Avec un ami ( le réalisateur joue son propre rôle) elle décide d’aller sur place dans le petit village de montagne de la jeune fille dans une région où les traditions ancestrales encadrent toujours la vie locale .

Le réalisateur nous offre dans un registre tout en délicatesse, presque avec pudeur cette confrontation entre modernité et traditionalisme . Bien entendu ce sont les femmes ( l’actrice, la jeune fille, l’amie artiste de celle ci si mal vue dans le village) qui portent cette aspiration à la liberté face au conservatisme plus qu’à la religion (Téhéran et ses ayatollahs semble bien loin).

Le film de Panahi ( qui ne peut pas s’empêcher de nous gratifier de quelques scènes intimistes …en voiture , sa spécialité depuis Téhéran-taxi ) est souvent émouvant, parfois drôle mais surtout porteur d’espoir. En Iran plus qu’ailleurs peut être la femme est l’avenir de l’homme…

LES FILLES DU SOLEIL Eva Husson (France)

Au Kurdistan, Bahar, commandante du bataillon « Les filles du soleil », ancienne esclave sexuelle de Daesh, se prépare à libérer sa ville aux mains des hommes en noir, avec l’espoir de retrouver son fils. Une journaliste française vient couvrir l’offensive et témoigner.

On a trop souvent reproché aux réalisateurs leur incapacité à traiter de sujets politiques contemporains pour ne pas saluer le courage de la jeune réalisatrice Eva Husson. Un film ambitieux, important et utile qui témoigne du courage des femmes kurdes qui ont pris les armes contre leurs bourreaux islamistes. Dommage qu’un certain nombre de défauts réduisent l’efficacité du film : l’actrice principale manque d’épaisseur, le personnage de la journaliste est artificiel, le scénario, en organisant un faux suspens, est bancal, quelques scènes sont too much… A l’évidence, on aurait rendu service au film en le programmant dans une section parallèle.

Mais comment, grâce au film, ne pas garder au fond du coeur l’image de ces femmes se battant comme le répète l’héroïne pour « La femme, la vie, la liberté ».

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