"Fluctuare" à la Galerie Depardieu

L’univers de cette exposition de la galerie Depardieu est essentiellement : Noir et Blanc, l’affrontement de deux contraires, la vision manichéenne d’un monde en pleine désagrégation.

Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, les cycles du temps, comme un balancier, se renouvellent perpétuellement. La barque surmontée d’un cercueil nous donne le ‘La’ de cette exposition. L’homme, animal migratoire n’a cessé depuis le début des temps de se déplacer, sans ces mouvements, salutaires aux progrès de l’humanité, nous serions encore réduit au monde d’Aristote et toujours persuadé que la terre est plate !

Cette barque traverse la mer, le Styx et amène les âmes vers un monde meilleur.

L’artiste Nasr Eddine Bennacer nous délivre un important message à l’opposé du bon sauvage de Rousseau : « La nature de l’être humain transfert son caractère à ce qu’il touche et hélas, pas toujours dans le sens positif. » la discussion devient passionnante avec l’arrivée d’un vieux sage, mi marchand de poissons, mi artiste et surtout philosophe et l’on comprend la démarche de l’artiste, pardon, des artistes.

L’artiste ne sait pas ce qu’il fait, mais exprime ses émotions. Un cœur qui bat indépendamment de la volonté, il bat sans savoir qu’il bat, mais il bat pour affirmer le triomphe de la vie.

L’artiste nous démontre, en noir et blanc son univers. Ce dernier est pleinement spirituel avec de nombreuses évocations des trois religions monothéistes : le calumet de la paix avec sa tige faite de la tige d’un rosier (couronne d’épines) l’étoile de David et un symbole de l’Islam. Les animaux inconciliables, symbole des conflits.

Nasr Eddine Bennacer délivre un message, celui des migrants. Plutôt que de les arrêter aux frontières, flux incessant de réfugiés fuyant les guerres et la misère, on devrait comprendre les raisons de ces migrations où ils jouent leur vie à pile ou face ; la barque noire surmontée d’un cercueil en est le symbole.

« Donne-moi tes pauvres, tes exténués, tes masses innombrables à vivre libres. » Tout est dit dans cette phrase, elle est la clé pour comprendre cette exposition. Les symboles : juifs, chrétiens et musulmans sont là pour rappeler l’essence de ces trois religions, l’amour, la charité et la paix. Les fanatismes et les idéologies, toujours enfermés dans une vision étroite et de clocher du monde, sont responsables des drames et tragédies récentes.

Nasr Eddine Bennacer nous livre des éléments pour comprendre et mieux appréhender le malaise de notre société. Fluctuare, une belle leçon de vie, de sagesse, d’amour et de tolérance.

Thierry Jan

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