Hommage à Arman

Cela fait dix ans que cet artiste a disparu. Arman Pierre Fernandez né à Nice le 17 novembre 1928 et mort le 22 octobre 2005 à New-York. Dix ans sans Arman, cet archéologue de la société industrielle. Dans le magasin de meubles familial de la rue Paul Déroulède, il va, entre les odeurs de cire et de bois, découvrir les potentiels du tamponnage sur papier. Ami avec Yves Klein à travers le judo, Arman en 1961 brise des meubles à l’abbaye de Roseland, réalisant ici une colère. Son atelier n’est pas très loin, puisqu’à la Lanterne.

Puis Arman se réalisera au point de devenir inimitable. Incendiaire ? Pourquoi pas si l’on reste au premier degré avec La Tulipe. Destructeur ? Alors on n’a rien compris, il ne détruit pas, il se contente de poser les pièces l’une à côté de l’autre.

Collectionneur ? Là on pourrait ouvrir un débat, les clés ou les diverses accumulations, sont en elles-mêmes un questionnement dont on aura jamais la réponse. Arman est à lui seul une question, une thèse et un débat.

Le MAMAC en lui rendant cet hommage, nous permet de retrouver, de redécouvrir cet artiste.

La mise en valeur de ses collections et de la donation Ferrero, ainsi que des vidéos de cet artiste, sont un émouvant hommage à cet homme qui fit : des poubelles, d’un objet banal, d’un piano déstructuré, d’une voiture carbonisée, d’un violon désarticulé, d’un amoncellement de clés ou d’autres objets hétéroclites, des œuvres d’arts. Il fallait l’oser et l’artiste l’a fait. Arman fut l’ami et le complice de César, de Sosno, de Ben et des autres animateurs de l’école de Nice.

C’est cette rétrospective que nous offre le MAMAC, avec une innovation inédite dans un musée niçois. En décembre 1965, il y a donc 50 ans, Arman avait imaginé une sorte de hotte du père noël où divers objets étaient déposés. Le visiteur venait, y déposait ce qu’il voulait et pouvait emporter un article de la hotte.

Le MAMAC réitère cette opération. Le visiteur pourra ainsi repartir avec l’article de son choix en déposant dans la hotte un objet. C’est une sorte de troc. Les objets offerts ont pour certains une certaine valeur, pour d’autres aucune. Le principe est celui de la légende d’Arthur.

Qui ici, comme le jeune chevalier, découvrira le Graal ? Se souvenir de l’illusoire de la beauté. Le MAMAC à travers cette hotte, invite les visiteurs à bien, à mieux saisir Arman. Où se trouve l’art ? Dans l’incendie de la Tulipe ou dans la conséquence de cet incendie ?

La destruction, la déstructuration, la genèse des choses, les accumulations, autant de questionnement et non de questions. Arman est à lui seul un sujet de philosophie et un appel à la sagesse, d’où cette hotte aux échanges.

On peut visiter cette exposition jusqu’au 6 mars 2016 au MAMAC et feuilleter l’album photos souvenir de cet artiste à la Donation Ferrero place Pierre Gautier à Nice. Deux lieux pour un artiste, deux hommages pour Arman.

Thierry Jan

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