L’exposition China Food à la Galerie Dépardieu

La place de la Chine aujourd’hui ? Jean Pierre Giovanelli, d’une manière poétique, souvent imagée, usant de métaphores, nous en donne un aperçu. Pour bien saisir sa démarche, il ne faut pas oublier qu’il est architecte. C’est un visionnaire, il imagine l’espace habité.

Sa vision du monde se scinde en plusieurs parties : le visuel ce que l’on voit, le sonore ce que l’on entend, le matériel ce que l’on touche et l’immatériel ce que l’on ressent, le ressenti, on pourrait dire le spirituel. L’artiste remet en cause la société de consommation.

Cette société obsédée par le toujours plus : plus vite, plus d’argent, plus de biens (souvent futiles), toujours et toujours plus. Une fuite en avant dont le but est toujours à atteindre, un horizon qui s’éloigne à mesure qu’on avance, une quête futile, une société dont l’idéal serait vain. Si l’on analyse la Chine au premier degré, on y voit une contradiction. Ce pays communiste est aujourd’hui le moteur du capitalisme.

Une lecture plus profonde, une analyse plus intellectuelle, feront comprendre ce paradoxe. La Chine est depuis l’aube des temps bercée par le Taoïsme, une philosophie de l’équilibre entre deux contraires. Dès lors, on comprend mieux ce mariage de la carpe et du lapin.

La Chine n’est ni communiste, ni capitaliste au sens occidental de ces deux écoles de pensée. Elle a peut-être réussi cette mutation de la société, les stades de l’histoire comme les définissait Marx. Cette définition des étapes à suivre pour arriver à la société idéalisée par sa théorie.

Jean Pierre Giovanelli réalise ainsi la synthèse entre deux thèses pourtant fondamentalement opposées. Il démontre les mécanismes où l’homme s’illusionne d’être en liberté, alors qu’il s’agit de libéralisme et démontre la démocratie dont la signification est fluctuante.

La société occidentale serait ainsi une illusion et notre ressenti une manipulation. Bouddha, symbole de la sagesse, de la méditation, de la transcendance de l’âme humaine, piétine la bannière étoilée des Etats-Unis ainsi qu’un sac plein d’argent, ce toujours plus, cette soif de domination et de possession matérielle.

Des chaînes subtiles et invisibles aliènent les hommes par la soif de consommer. Mao et la longue marche, l’éclat du rouge, écarlate, sang, lumière et soleil, le symbole de la victoire. Le symbolisme y a toute sa place : l’argent roi et ce mur entre les vivants et les morts. Il faut payer le passage du Styx pour acquérir l’immortalité. Panthéisme, polythéisme, monothéisme sont ici représentés. L’orient et l’occident (celui de la civilisation Gréco-Latine) se mêlent . Une vidéo accompagne l’exposition.

Les amateurs de jazz vont frémir. Louis Armstrong, nous sommes à la galerie Depardieu, temple du jazz, une cave, un petit saint Germain, Mao apparait et son image devient moins austère, il s’humanise. Un peu d’humour ou un clin d’œil ? Madoff escroc Américain et ce billet d’un dollar repassé. Il faut ici, y voir une purification, l’argent sale nettoyé, purifié, si toutefois on peut le rendre propre.

La Chine, un dragon aux pieds d’argiles ? C’est du moins la définition donnée par nos dirigeants. On connait le sort des propos péremptoires : le Titanic était insubmersible et la ligne Maginot infranchissable. Quand la Chine s’éveillera ! Or l’empire du milieu s’est bien réveillé.

Une exposition de la galerie Depardieu à ne surtout pas manquer. China Food, riz et baguettes. Un voyage dans cet empire du milieu où vivent plus d’un milliard d’êtres humains. La chine devenue capitaliste ? Probablement pas. Ce pays est marqué par la sagesse de l’équilibre, du taoïsme. Un pays en fait spirituel.

Une exposition au cœur de l’âme de la Chine, merci à Jean Pierre Giovanelli et à Christian Depardieu pour cette exposition visible jusqu’au 28 novembre 2015.

Thierry Jan

+ infos : Galerie.depardieu@orange.fr

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