La Galerie Depardieu expose Max Charvolen et "ses passages"

C’est une exposition inédite que nous offre la galerie Depardieu en ce début d’automne.

L’artiste peintre Max Charvolen présente pour la première fois son travail dans cette galerie. Max d’entrée nous explique sa démarche, donnant des clés pour comprendre son travail. « Inverser la 3D, je pars de cette dernière pour arriver à une bi-dimensionnalité. »

Des formes de l’architecture urbaine on arrive à une représentativité horizontale d’éléments : murs, portes, escaliers, façades ou pièces exigües de lieux souvent inconnus. On désosse une structure, la montrant nue dans sa réalité. Les couleurs du territoire, thème d’un des deux films présentés : jaune, rouge, vert, bleu et noir.

Chaque couleur a une position bien définie dans l’espace traité. Face à l’artiste le jaune : soleil, lumière, éblouissement ; sur le côté ouest, le rouge : le couchant, l’embrasement ; à son opposé, le bleu : un ciel calme et serein ; le dessous est le plancher des vaches, le vert : prés et pâturages ; le dessus, noir : nuit sans lune et sans étoiles. Ce film tourné au musée Fernand Léger à Biot en symbolise les escaliers. De leur verticalité, on aboutit à une horizontalité.

On songera à une phrase du critique poète et écrivain Raphaël Monticelli : « Le goût du sel, c’est mer, sueur et larmes. » définissant ainsi le travail de Max Charvolen. Le sel ou l’esprit, la mer ou l’espace infini, la sueur ou le travail du pêcheur et les larmes comme pour faire écho au roman d’Hemingway (Le vieil homme et la mer).

Le second film, plus sobre, noir et blanc au début, tourné dans une villa de Cannes, ancienne propriété de l’EDF. Là l’artiste souligne l’importance de l’espace quand il faut transposer et découper la structure pour en faire une œuvre plane.

Max Charvolen semble vouloir se ressourcer dans la peinture du moyen-âge où la perspective n’existait pas. Ce serait trop simpliste et réducteur de le définir ainsi. Sa démarche est celle de nombreux peintres. Combien ont voulu se libérer du cadre étroit de la toile et son châssis ? Ici il s’agit d’un triangle et de ses quatre côtés, comment le dépasser ? Peut-être avec l’utilisation des deux faces et de l’épaisseur de la toile, ici du tissu.

On reviendrait sans vouloir l’avouer à la 3D, la boucle serait bouclée. Les œuvres faites de tissus, de colles, peintes avec les couleurs primaires, paraîtront au visiteur des patchworks. Les deux films en boucle expliqueront la démarche de cet artiste un peu disciple du groupe 70, de Support-Surface de Viallat ou Dolla.

Sa formation d’architecte est également une clé pour comprendre son œuvre Max Charvolen est né en 1946 à Cannes. Pour conclure nous citerons Raphaël Monticelli « A fleur de sol. » Titre d’un de ses ouvrages de critique d’art. Cela résume parfaitement cette exposition. La Fleur pour son parfum et sa beauté et le Sol pour, bien que l’artiste n’aime pas trop ce qualificatif, le plan, celui de l’architecte.

Une exposition pleines d’enseignements et de questionnements à voir absolument à la galerie Depardieu jusqu’au 31 octobre 2015.

Thierry Jan.

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