Café littéraire : La carte et le territoire de Michel Houllebecq

Ce roman prix Goncourt 2010 nous narre l’histoire d’un artiste photographe puis peintre dont le père est désabusé et va d’ailleurs se faire euthanasier. Tous les personnages sont sans illusion. Un monde où les personnages désenchantés attendent la mort.

L’auteur se représente lui-même dans son roman, Jed Martin va en faire le portrait. On voit ainsi l’écrivain parler de lui à la troisième personne ! C’est un univers sombre, triste, une vision du monde négative. Michel Houellebecq d’ailleurs se fait assassiner d’une manière surréaliste. La scène du crime est à elle seule un tableau. Le héros du roman bien qu’artiste reconnu va se retirer dans un village perdu de la Creuse.

Dans ce livre l’auteur nous décrit une société dans ses traits les plus absurdes. Il semble que Michel Houellebecq soit obsédé par la mort. Tous ses héros n’ont pour horizon que le crépuscule de leur vie. L’avenir n’existe pas, il n’y en a pas, sinon la mort.

Ce roman est ténébreux et angoissant. La carte et le territoire, par là tout commence et finalement Jed Martin achève sa vie dans ce village en revenant à la photo. Des photos où le soleil n’apparait pas, des photos de paysages sombres et brumeux, un peu comme tout ce roman. Il obtint le prix Goncourt pour cette ambiance d’un univers profondément décrit, l’écriture aboutie à la perfection.

Michel Houellebecq fait songer à Céline par l’usage de termes grossiers à la limite scatologiques. Il y a une ressemblance dans l’écriture et le personnage.
Oser parler de soi à la troisième personne et surtout se faire assassiner, seuls les plus grands peuvent le faire. Houellebecq l’a fait.

Thierry Jan

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