Café littéraire : Le dimanche des mères de Graham Swift

Une vieille femme écrivain, elle a 90 ans. Elle raconte une certaine journée de 1924, en mars, le dimanche des mères. Elle avait alors 24 ans et était servante dans l’aristocratie anglaise.

Ce dimanche 30 mars 1924 congé est donné aux servantes, bonnes des maisons. Ce afin de leur permettre d’honorer en cette journée leurs mères. L’action se passe dans la campagne. Un fils de famille va bientôt se marier, il a d’ailleurs rendez-vous avec sa fiancée. Ses deux frères sont morts quelque part en France durant la première guerre mondiale.

La vieille écrivaine se remémore ce jour. Elle est la maîtresse du futur époux. Ils sont nus tous les deux, font l’amour dans l’immense maison déserte. Paul finalement part rejoindre sa promise. Il est en retard, il la laisse arpenter la maison, la visiter, il n’est plus là, Jane toujours nue visite cette maison, la découvre.

Elle sait que c’est la dernière fois, dernière fois de toute façon, sauf que là elle se trompe sur le motif. La vieille écrivaine revoit nettement la scène, la chambre, Paul nu, les draps tachés, elle aussi se sent souillée, de la semence s’écoule. Elle a tout gardé en mémoire.

Ce roman, une sorte de huit clos, l’essentiel étant cette chambre où vécu, grandit un petit garçon, un adolescent et aujourd’hui un homme est l’unité de lieu, de temps et d’action de ce roman. Elle se souvient mais ne peut rien dire sur le moment, surtout pas, plus tard peut-être, là est toute la beauté de ce livre, un hymne à l’amour, à la vie, même si, mais là il faut lire ce roman pour comprendre.

Thierry Jan

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