Café littéraire : Le parfum de Patrick Süskind

La vie extraordinaire de Jean Baptiste Grenouille aurait pu être le titre de ce roman dont l’action se passe au XVIII° siècle dans une société encore imprégnée de superstitions et de sorcellerie.

Jean Baptiste Grenouille nait sous l’étal de poissons de sa mère, c’est là qu’elle a déjà accouché de bébé morts nés. Celui-là va subir le même sort, sauf qu’il crie….Sa mère est exécutée pour infanticide. La vie de Jean Baptiste commence, transbahuté de nourrices en nourrices, chacune leur tour ne veulent plus s’occuper de lui car il n’a pas d’odeur, il ne sent rien ! Les odeurs, les arômes seront le fil conducteur de sa destinée.

D’abord travaillant chez un tanneur où les odeurs les plus pestilentielles et nocives devraient tuer ce jeune commis, cet enfant. Sauf que là encore le destin va l’amener chez un parfumeur où il va montrer tout son talent. Jean Baptiste est à la fois amoral, sans sentiments, sans remords. Un être parfaitement insensible. Un monstre diront certains.

Pour réaliser sa quête du parfum absolu il ne va pas tarder à assassiner des jeunes filles vierges. Là on y voit un relent de croyances anciennes où le diable est très présent. Nous sommes au XVIII° siècle et malgré les Lumières, les vieilles croyances se mêlent de religion, du démon, des messes noires.

Jean Baptiste va fuir Paris ; cherche-t-il une purification quand il s’enferme sept ans dans une caverne d’Auvergne ? Quand il se retrouve à Montpellier chez un charlatan probablement fou, quand il rejoint Grasse où il va tuer des jeunes filles pour la recherche d’un parfum absolu. Sa condamnation à mort, sa grâce obtenue par le parfum puis sa mort quand il revient à Paris, toujours à cause du parfum.

Un roman à la limite du fantastique, une œuvre pleine de saveurs, d’arômes et d’odeurs. Le parfum, déjà les pages du roman en libèrent leurs effluves avec ces jeunes vierges sacrifiées pour capturer le musc de leurs corps.

Thierry Jan

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